L’OM version 2025-2026 connaît un été bouillant sur et en dehors du terrain. Tandis que Roberto De Zerbi tente de poser sa patte sur un effectif totalement renouvelé, une légende du club, Éric Di Meco, monte au créneau. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas mâché ses mots. À travers une intervention remarquée dans l’émission Rothen s’enflamme sur RMC Sport, il a exprimé ses profonds doutes sur la gestion de l’OM par le tandem Longoria-Benatia, et sur la capacité de De Zerbi à maîtriser un effectif chamboulé.
Un mercato XXL… mais instable selon Di Meco
Avec pas moins de quinze départs et dix recrues cet été, l’OM s’est mué en véritable revolving door. Des figures importantes comme Valentin Rongier, Rayan Rabiot ou encore Renan Lodi ont quitté la Canebière, tandis que de nouveaux visages – notamment des profils venus de Serie A et de Scandinavie – ont signé. Une révolution qui suscite l’inquiétude d’Éric Di Meco : « Comment tu peux t’attacher à une équipe qui change 20 joueurs ? » s’interroge-t-il.
Pour l’ancien latéral gauche, cette politique de refonte continue plonge le club dans une ère d’instabilité chronique. Il vise directement Pablo Longoria et Medhi Benatia, les architectes de ce mercato : « Leur intérêt, c’est de faire des transferts, pas de construire une vraie équipe ». Di Meco touche là une corde sensible du football moderne, où les mouvements incessants fragilisent l’attachement des supporters. À Marseille, où la ferveur populaire est aussi précieuse qu’instable, ce constat résonne comme une alarme.
Comparée à la stabilité affichée par le PSG ces dernières saisons – malgré quelques changements en coulisses –, la stratégie marseillaise paraît brouillonne. Tandis que Paris peut capitaliser sur une base solide (Marquinhos, Mbappé, Vitinha…), l’OM semble se réinventer à chaque mercato, au risque de toujours repartir de zéro.
Roberto De Zerbi, technicien talentueux mais imprévisible
Arrivé avec une réputation flatteuse forgée à Brighton, Roberto De Zerbi enthousiasme sur le papier. Sa philosophie de jeu audacieuse et son exigence en font un profil séduisant. Pourtant, Di Meco l’analyse avec scepticisme : « Il est tellement dingue que les joueurs deviennent fous sur le terrain ». Allusion directe au comportement de l’équipe lors du match d’ouverture face à Lyon, marqué par des accrochages et des expulsions évitables.
Selon Di Meco, un coach se doit d’apporter de la sérénité, surtout dans un contexte tel que celui de l’OM. Son parallèle avec Unai Emery au PSG est saisissant. À l’époque, l’Espagnol avait été critiqué pour son anxiété contagieuse et son incapacité à gérer un vestiaire de stars. De Zerbi tombera-t-il dans le même piège ? C’est tout l’enjeu de cette saison, où l’OM joue une qualification pour la Ligue des Champions et vise au minimum la deuxième place en Ligue 1, dans l’ombre du géant parisien.
En Ligue Europa, l’efficacité tactique demandée dans un calendrier chargé nécessitera calme, rigueur et profondeur de banc, des éléments encore très incertains à ce jour.
Le départ de Rabiot, un symbole mal digéré
Autre sujet de tension : le départ d’Adrien Rabiot dans des circonstances floues. Le milieu international, l’un des rares joueurs de haut niveau à avoir donné satisfaction la saison dernière, a quitté le navire suite à une supposée altercation en interne. « Comment on peut dégager un joueur comme ça sur une histoire de vestiaire qui aurait pu être gérée en interne ? » s’indigne Di Meco. Un choix qui interroge sur le management des personnalités dans le vestiaire phocéen.
Cette perte est d’autant plus préjudiciable que le PSG, rival déclaré, s’est renforcé intelligemment au milieu, gardant une cohérence entre continuité et ambition. Rabiot, dont les qualités auraient parfaitement convenu au projet de jeu de De Zerbi, laisse un vide difficile à combler malgré les arrivées.
Quel impact sur la saison 2025-2026 ?
Si l’OM veut jouer les trouble-fêtes derrière le PSG en Ligue 1, sa saison passera par la stabilité, la cohésion et la patience accordée à De Zerbi. Or, avec un effectif nouveau à 50 %, la question est de savoir combien de temps le technicien italien aura pour mettre en place sa vision.
La Ligue Europa constituera également un test de maturité. Face à des équipes aguerries, la moindre faille tactique ou mentale peut faire dérailler le projet. Pour l’heure, les doutes de Di Meco tracent une ligne rouge : entre usine à transfert et projet foot cohérent, l’OM doit choisir une voie claire – et vite.