Le troisième acte de la phase de groupes de la Ligue des Champions 2025-2026 entre le Sporting Portugal et l’Olympique de Marseille devait être un tournant pour les hommes de Roberto De Zerbi. Dominateurs en début de rencontre et solidement lancés par un but d’Igor Paixao, les Phocéens avaient toutes les cartes en main. Mais une décision individuelle d’Emerson a tout changé. Expulsé pour simulation, le latéral brésilien est aujourd’hui sous le feu des critiques européennes.
Un renversement de situation brutal pour l’OM
À Lisbonne, tout avait pourtant bien commencé. Dès la 22e minute, Igor Paixao ouvrait le score d’une frappe splendide qui laissait le portier adverse sans réaction. Marseille contrôlait les débats, rassurant ses supporters après un début de saison européen en demi-teinte.
Mais à la 31e minute, Emerson s’écroule dans la surface adverse, décrochant dans un premier temps un penalty. Euphorie de courte durée : la VAR intervient et révèle une simulation. Deuxième jaune, rouge logique, et un revirement complet. En infériorité numérique, les Olympiens s’inclinent finalement 2-1, laissant échapper trois points cruciaux.
L’option tactique risquée de De Zerbi, qui avait titularisé un onze très offensif, a explosé en vol au moment même où un comportement anti-sportif est venu tout gâcher. L’entraîneur italien, déjà critiqué pour sa gestion de l’effectif en Ligue des Champions, se retrouve de nouveau sous pression.
Un tollé médiatique européen, et des répercussions à anticiper
Les critiques fusent de toutes parts. En Espagne, le quotidien Marca titre : « Marseille paie cher le théâtre d’Emerson », pendant que AS enfonce le clou avec : « Marseille se condamne tout seul ». Même au Portugal, les éditorialistes n’épargnent pas le latéral au cœur de la tourmente.
En France, L’Équipe déplore une « abandon prématuré de son équipe », quand La Provence questionne la logique d’un tel comportement à l’ère de la VAR : « Pourquoi tricher, alors que des dizaines de caméras sont braquées sur vous ? ». Du côté d’Le Parisien, la transition est cinglante : « De héros à zéro en une minute ».
Au-delà du bad buzz médiatique, cette expulsion pourrait à terme coûter cher à l’OM. Non seulement sur le plan comptable dans une poule très ouverte (avec le Borussia Dortmund et le Sporting comme concurrents directs), mais également en interne. Roberto De Zerbi, déjà fragilisé par des choix tactiques contestés – notamment critiqués par Samir Nasri sur Canal+ – devra faire preuve d’autorité pour éviter de voir son vestiaire se fissurer.
Quel impact sur les objectifs marseillais et la rivalité avec le PSG ?
La Ligue des Champions est une vitrine, et les erreurs dans cette compétition ne pardonnent pas. Pour un club comme l’Olympique de Marseille, engagé dans une lutte serrée pour terminer en tête de sa poule – et surtout montrer qu’il peut rivaliser avec les performances du Paris Saint-Germain sur la scène européenne – cet incident fait tâche. Paris, de son côté, reste solide et discipliné en Ligue des Champions, capitalisant sur une expérience désormais bien rodée sous Luis Enrique.
Ce faux pas alimente un peu plus la rivalité PSG-OM. Tandis que le club de la capitale trace sa route vers une qualification maîtrisée et un statut de tête de série, Marseille se retrouve freiné par une faute d’inattention doublée d’un manque de maturité. Pour un club qui ambitionne de retrouver son prestige européen, cette erreur individuelle est d’autant plus dommageable qu’elle révèle aussi un déficit de leadership dans les moments cruciaux.
L’OM devra vite tourner la page. Emerson, suspendu pour le prochain match face à Dortmund, laissera un vide que le coach italien devra combler intelligemment. Car plus que jamais, chaque décision compte et chaque faux-pas peut coûter une qualification… ou nourrir un peu plus les moqueries parisiennes.