L’Olympique de Marseille aura des regrets. Sur la pelouse du Sporting Portugal, lors de la 3e journée de la Ligue des Champions 2025-2026, les joueurs de Roberto De Zerbi ont concédé une défaite frustrante (2-1), alors qu’ils menaient au score à la pause. Au cœur des débats : les décisions prises par l’entraîneur italien après l’expulsion d’Emerson, vivement critiquées par Samir Nasri. Retour sur une gestion de match qui interroge.
Un scénario cruel mais prévisible
Dans une rencontre où l’OM a montré de belles intentions durant les 45 premières minutes, récompensées par un superbe but d’Igor Paixão, tout a basculé sur un tournant litigieux. Accusé de simulation après avoir cherché à obtenir un penalty, Emerson est expulsé suite à un deuxième carton jaune, validé par la VAR. Ce coup dur allait forcer les Marseillais à revoir leurs plans – et c’est là que le bât blesse.
Face à une formation du Sporting pourtant prenable ce soir-là, Roberto De Zerbi a opté pour une série de changements à la mi-temps, misant avant tout sur la solidité défensive. L’entrée d’Ulisses Garcia, de Michael Murillo et la présence renforcée au milieu n’ont pas permis de contenir la réaction portugaise. Pire : ces choix ont privé l’OM d’impact offensif pour conserver l’avantage ou tuer le match en contre.
Nasri démonte les décisions de De Zerbi
Présent sur le plateau de Canal +, l’ancien milieu olympien Samir Nasri n’a pas mâché ses mots : « Marseille n’a plus le même visage. Ce match n’a pas été perdu à cause de l’arbitre. Les changements de De Zerbi ont manqué d’audace, il a été trop prudent » (source : Canal +). Un avis partagé par de nombreux observateurs sur les réseaux sociaux, qui attendaient des ajustements plus équilibrés, voire offensifs, pour tenter de profiter d’un Sporting désorganisé par moments.
Nasri est aussi revenu sur l’expulsion d’Emerson, pointant du doigt l’arbitrage controversé : « Le premier jaune est sévère. Aubameyang a raison, ça change totalement la physionomie du match ». Une déclaration qui fait écho à celles de l’attaquant gabonais, furieux en zone mixte après la défaite.
Un OM qui doute, un match à relancer
Avec cette défaite, l’OM voit sa qualification pour les huitièmes de finale de Ligue des Champions sérieusement compromise. Dans un groupe relevé, le faux pas à Lisbonne fait d’autant plus mal que les Marseillais avaient une occasion en or de prendre une option sur la qualification. Dos au mur, Marseille devra réaliser un sans-faute à domicile et à l’extérieur, en espérant un faux pas du Sporting ou de l’Inter.
Pour le PSG, rival historique de l’OM, ce revers est une aubaine dans la guerre médiatique et psychologique qui oppose les deux clubs. Alors que Paris domine actuellement son groupe en C1, cette contre-performance phocéenne renforce l’écart d’ambition européenne entre les deux géants du football français.
Quelle leçon pour De Zerbi à l’avenir ?
Recruté pour sa philosophie offensive et son audace tactique – qu’il avait su démontrer à Brighton et au Shakhtar Donetsk – Roberto De Zerbi se heurte au mur des grandes soirées européennes. Ce revers au Portugal met en lumière une forme de frilosité inédite chez un technicien pourtant connu pour son courage stratégique. S’il veut espérer faire grandir Marseille sur la scène continentale, il devra accepter de prendre des risques, même en infériorité numérique.
Car comme l’a souligné Nasri, le problème ce soir n’était pas uniquement l’arbitrage : c’est aussi l’absence de flair et de prise d’initiative. Et à Marseille, club où la passion ne tolère pas la demi-mesure, cela ne passe jamais inaperçu.