OM : tensions internes autour de De Zerbi après l’Aïd, un vestiaire proche de l’implosion

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

À l’Olympique de Marseille, le climat est irrespirable. Alors que les résultats sur le terrain ne suivent plus, la gestion humaine et culturelle de Roberto De Zerbi interroge. En pleine tempête sportive, l’entraîneur italien fait face à une fronde interne, exacerbée par un élément symbolique : l’absence de considération autour de l’Aïd-el-Fitr, fête sacrée pour plusieurs joueurs influents du vestiaire.

De Zerbi sous pression : une gestion contestée

Dimanche dernier, alors que de nombreuses familles préparaient l’Aïd, les joueurs marseillais de confession musulmane espéraient pouvoir célébrer ce jour de fête religieuse avec leurs proches. Une attente légitime et habituelle dans la majorité des clubs européens. Pourtant, à la Commanderie, la journée s’est transformée en session vidéo marathon sur le match Toulouse – Brest, programmée jusqu’à 20h30. Une décision surprenante, lourde de conséquences, comme le rapporte L’Équipe.

Le ressentiment est rapidement monté, car au-delà de l’aspect sportif, c’est un manque de reconnaissance culturelle qui a été pointé du doigt. De Zerbi, réputé pour ses prises de position tranchées, aurait assené à ses joueurs : « Moi, je ne vois jamais ma famille. Donc, vous n’allez pas voir les vôtres non plus. » Un commentaire glaçant, reçu comme une mise à distance émotionnelle. Un joueur aurait même lâché en privé : « Sauf que pour lui, c’est un choix. »

Un incident révélateur d’un malaise plus profond. D’après plusieurs sources au club, les tensions ne datent pas d’hier. Le comportement du technicien italien, souvent jugé trop émotionnel voire blessant, avait déjà tendu certaines relations, notamment avec Pol Lirola. L’épisode de l’Aïd représente ainsi le point de bascule, mettant en lumière l’écart culturel mais aussi méthodologique entre le coach et son effectif.

Vestiaire fracturé, OM en crise identitaire

Le lendemain de cette journée polémique, la situation a bien failli dégénérer. Le groupe restait encore marqué par les événements, et lorsque De Zerbi a critiqué les sourires échangés à la cantine, il aurait abandonné la direction de la séance d’entraînement à ses adjoints. Réplique cinglante du vestiaire : « On n’ira pas sur le terrain alors. » Résultat : un début de mutinerie évité de justesse grâce à l’intervention musclée de Mehdi Benatia, directeur sportif du club.

Ce climat d’insubordination n’est pas anodin. Il s’inscrit dans une dynamique plus large de défiance envers un projet sportif qui balbutie. Après une nouvelle défaite face à Reims (3-1), l’OM semble hors de forme, hors de course — et désormais, hors de contrôle. De Zerbi, arrivé pour instaurer une philosophie de jeu ambitieuse, voit son message se heurter à un refus de collaboration grandissant au sein d’un vestiaire divisé.

En comparaison, Luis Enrique au PSG a déjà dû jongler avec des réalités culturelles fortes, notamment lors de la Coupe d’Afrique des Nations ou des périodes de Ramadan. Mais le coach espagnol, pragmatique, s’appuie sur un dialogue ouvert et un management plus horizontal. La structure parisienne, avec Luis Campos et Nasser Al-Khelaifi, veille également à désamorcer rapidement toute friction interne.

À Marseille, le problème paraît plus structurel. Benatia peut tenter l’apaisement, mais si la relation De Zerbi – vestiaire ne se répare pas rapidement, l’OM risque un effondrement aussi bien sur le plan sportif que managérial. Le club joue encore les places européennes, et dans une Ligue 1 resserrée, tout faux-pas sera fatal.

En résumé, l’incident de l’Aïd n’est que la face visible d’un mal plus profond à l’OM : un mal de vestiaire, de culture, et de stratégie managériale. De Zerbi est désormais face à un dilemme : infléchir sa méthode ou risquer l’implosion totale. Le PSG, qui surfe sur une dynamique positive et un vestiaire soudé, observe cela d’un œil pragmatique : un adversaire en crise est souvent plus vulnérable, y compris dans la course aux places européennes et à l’image en Ligue 1.

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