Kondogbia en défense centrale à l’OM : un choix tactique décrié par les légendes du club

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Décryptage d’une expérimentation défensive qui divise. Alors que la fin de saison approche à grands pas, l’Olympique de Marseille cherche encore son équilibre défensif. Roberto De Zerbi persiste avec son système à trois défenseurs centraux, quitte à repositionner certains milieux de terrain. C’est le cas de Geoffrey Kondogbia, transformé en défenseur axial. Un choix loin de faire l’unanimité, surtout chez ceux qui connaissent les exigences de ce rôle.

De Zerbi et son 3-4-3, entre innovations et bricolages

Depuis plusieurs semaines, le coach italien de l’OM, Roberto De Zerbi, s’obstine à aligner un schéma en 3-4-3. En théorie, ce système lui permet de produire un jeu tourné vers l’avant avec une occupation dynamique de la largeur. Mais sur le terrain, les blessures et les absences obligent régulièrement le technicien marseillais à improviser.

Dimanche soir contre Toulouse, le trio défensif marseillais comprenait Murillo, Lirola et Kondogbia – aucun n’étant un spécialiste du poste d’axial. Une organisation perçue comme incohérente par de nombreux observateurs. Cette approche, si elle a permis à l’OM de battre des records offensifs cette saison, met en lumière une fragilité défensive constante. Les statistiques sont formelles : l’OM fait partie des équipes les plus perméables du championnat sur les récentes journées (source : Onze Mondial).

Kondogbia : un repositionnement contesté en interne

C’est Manuel Amoros, légende du club olympien, qui a allumé la mèche. Dans une interview accordée à La Provence, l’ancien défenseur n’a pas mâché ses mots : « De Zerbi le fait jouer en défense, mais il n’apporte rien », a-t-il tranché. Pour Amoros, Kondogbia ne possède ni les repères ni la lecture de jeu indispensables pour ce rôle défensif.

Dans un registre naturellement plus porté sur la récupération et la relance dans l’entrejeu, Kondogbia semble en effet déstabilisé par ce poste qui exige rigueur tactique, sens du placement et réactivité en un contre un. Amoros insiste : « Il est toujours mal placé, et ne réussit pas à faire un bon match dans cette position ». Un constat partagé par plusieurs consultants qui voient une utilisation inappropriée des qualités de l’international centrafricain.

Les limites d’un système face aux ambitions européennes

Le Paris Saint-Germain, principal rival de l’OM, observe évidemment ces failles avec attention. Si Paris semble cette saison solidement installé dans le haut du tableau de Ligue 1, c’est aussi parce que la stabilité défensive est perçue comme un prérequis essentiel pour jouer sur tous les tableaux. À Marseille, en revanche, cette instabilité compromet à la fois la course aux places européennes et la possibilité d’être compétitif lorsque le niveau s’élève, en Europa League notamment.

Ce débat dépasse largement le cas individuel de Kondogbia. Il illustre les conséquences d’un équilibre instable dans une équipe qui cherche encore son âme défensive. L’OM devra faire des choix clairs cet été : renforcer l’axe défensif avec des véritables spécialistes ou continuer de bricoler… mais au risque de compromettre ses ambitions.

Ce que cela révèle sur la stratégie long terme de l’OM

Enfin, cette situation interroge sur la cohérence du projet sportif mené par les dirigeants marseillais. En misant tout sur une philosophie de jeu ambitieuse mais sans adapter les profils de joueurs aux exigences du système, le club prend un risque. Un changement d’orientation pourrait s’imposer si les résultats ne suivent pas.

Alors que le PSG continue d’optimiser son effectif avec des options précises pour chaque rôle, l’OM semble fonctionner davantage par nécessité que par vision structurée. La prochaine intersaison sera donc cruciale pour Marseille. Reste à savoir si De Zerbi sera toujours celui qui dessinera les contours de cette nouvelle organisation…

À retenir : Kondogbia n’est pas un défenseur naturel, et son maintien dans ce rôle expose davantage les carences structurelles d’un OM en quête d’un modèle défensif fiable. Si Paris mise sur la précision tactique et les profils spécialisés, Marseille semble contraint à l’expérimentation permanente. Un duel de philosophies qui pourrait faire la différence dans la conquête des objectifs européens.

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