Roberto De Zerbi, fraîchement installé sur le banc de l’Olympique de Marseille, continue de faire tourner les têtes en Europe. Entre ambitions affirmées et intérêts venus du Golfe, le technicien italien a récemment mis fin aux rumeurs d’un exil vers l’Arabie saoudite. Une prise de position qui en dit long sur sa vision de l’OM, et qui pourrait peser lourd dans les futures confrontations avec le PSG.
Un été mouvementé et une arrivée inattendue à l’OM
Tout a commencé avec une valse des entraîneurs sur la Canebière. L’été dernier, après une saison 2023-2024 particulièrement décevante conclue à la huitième place de Ligue 1, l’OM cherchait un coach capable d’insuffler une nouvelle dynamique. Exit Jean-Louis Gasset, les dirigeants phocéens visent Paulo Fonseca, puis Sergio Conceição. Mais devant les exigences élevées du technicien portugais, l’OM se tourne vers Roberto De Zerbi.
Un choix audacieux, tant l’ancien coach de Brighton & Hove Albion était convoité par des géants comme le Bayern Munich ou Manchester United. Sa signature à Marseille surprend, mais suscite un immense engouement chez les supporters et observateurs du football français. Car De Zerbi, c’est une philosophie de jeu affirmée, tournée vers l’attaque, la maîtrise technique, et surtout une ambition décomplexée.
Des débuts mitigés, une Europe en ligne de mire
Sur le terrain, la première saison de l’Italien reste contrastée. Si l’OM ne parvient pas à tenir tête au Paris Saint-Germain dans la course au titre – solide champion avec une marge confortable – l’écurie phocéenne se bat pour une qualification en Ligue des champions.
Un objectif essentiel, et potentiellement atteint. Cette qualification en C1 est d’autant plus importante qu’elle offre à De Zerbi une plateforme pour attirer des joueurs de renom. Le principal intéressé ne s’en cache pas : il n’est pas à Marseille « pour finir deuxième », ambition qu’il partage dans plusieurs entretiens relayés par L’Équipe. À moyen terme, il vise une montée en puissance qui pourrait faire de l’OM un véritable concurrent du PSG au sommet du football français.
Cap sur l’Europe, mais pas vers le Golfe
Alors que de nombreux clubs surveillent sa situation, parmi lesquels la Juventus et l’AC Milan, une autre destination a surgi : l’Arabie saoudite. Plusieurs écuries locales, menées par Al-Hilal – en quête d’un nouveau coach après le départ de Jorge Jesus – auraient tenté une approche.
Mais selon le journaliste de L’Équipe, Mathieu Grégoire (source : Twitter), De Zerbi a rapidement fait savoir qu’un tel départ ne l’intéressait pas. Une réponse ferme, à contre-courant de nombreuses stars et entraineurs séduits par les pétrodollars saoudiens. Ce refus souligne la détermination du technicien à bâtir un projet solide en Europe, et plus particulièrement à Marseille.
Ce positionnement est aussi un signal fort envoyé à la direction de l’OM : De Zerbi exige de la stabilité structurelle et de l’ambition sur le mercato pour structurer son projet. Le PSG, habitué à écraser la concurrence en Ligue 1, pourrait bien voir en De Zerbi un concurrent solide au fil des saisons, à condition que l’OM suive le tempo imposé par son entraîneur.
La Serie A toujours en embuscade
Reste une inconnue majeure : l’Italie. L’AC Milan et la Juventus surveillent attentivement l’évolution de la situation à l’OM. Rien n’est encore scellé, mais en écartant clairement l’option saoudienne, De Zerbi réduit le champ des possibles… et pose tacitement ses conditions. Il veut un projet sportif, une Ligue des champions à jouer, et un groupe compétitif.
Alors que le PSG continue de dominer la scène nationale, la présence d’un entraîneur aussi charismatique et exigeant dans une institution historique comme Marseille est une excellente nouvelle pour la Ligue 1. À l’heure où Luis Enrique construit un Paris séduisant mais toujours en quête de régularité européenne, l’OM et De Zerbi pourraient bien incarner l’alternative la plus crédible à Paris. À condition, bien sûr, que l’Italien reste et soit accompagné dans ses ambitions.