Arrivé avec la volonté ferme de remettre l’Olympique de Marseille sur les rails de la Ligue des champions, Roberto De Zerbi a indéniablement rempli sa mission sur le plan sportif. Mais alors que l’OM fête sa qualification pour l’Europe, des tensions émergent en coulisses. Le technicien italien, réputé pour son exigence et son franc-parler, semble désormais en froid avec ses supérieurs hiérarchiques, Pablo Longoria et Mehdi Benatia. Un malaise qui pourrait, à terme, changer bien des choses pour l’OM… et intéresse forcément les supporters du PSG, toujours attentifs aux turbulences chez le rival historique.
De Zerbi vs Longoria-Benatia : un choc des visions
« Ce que l’OM a fait cette saison n’est pas normal, c’est un miracle ». Cette déclaration post-match face au Havre (source : L’Équipe) donne le ton. Roberto De Zerbi ne mâche pas ses mots, et sa vision de la performance olympienne diffère clairement de celle de ses dirigeants. Tandis que le coach italien voit la qualification en Ligue des champions comme un exploit hors normes, la direction rappelle avec fermeté que l’OM reste le deuxième club le mieux doté financièrement de Ligue 1, en termes de budget comme de masse salariale.
En creux, cette divergence dit beaucoup : De Zerbi s’est senti livré à lui-même sur certains dossiers, pointant un effectif « mal équilibré », un mercato hivernal « en demi-teinte », et un soutien insuffisant en interne. Les dirigeants, eux, estiment avoir donné les moyens nécessaires à leur coach, qui aurait même bénéficié d’une latitude élargie sur l’encadrement sportif et le recrutement. Résultat : une fracture de perception qui menace la cohésion au sommet de l’organigramme marseillais.
Tensions internes et signaux inquiétants
Dès son arrivée, De Zerbi a imposé sa marque : staff pléthorique, intensité dans le jeu, et volonté d’impliquer ses choix dans la politique de recrutement. Mais le revers de cette ambition semble être une gestion humaine parfois délicate. Selon L’Équipe, certains joueurs ont été déstabilisés par son style, voire son absence occasionnelle lors de séances. Un aspect déroutant pour un vestiaire habitué à davantage de proximité avec son entraîneur.
La direction, de son côté, commence à pointer du doigt des éléments critiques : une rigueur défensive jugée insuffisante, un calendrier d’entraînement jugé trop laxiste, et des choix contestés dans la gestion de certains dossiers sensibles (comme Luis Henrique ou Greenwood). Autre signal d’alerte : De Zerbi a entretenu le flou sur un possible intérêt du Milan AC alors qu’il reste lié contractuellement à l’OM jusqu’en 2027 – un comportement qui a nourri l’agacement en interne.
Un précédent lourd de sens pour le PSG et la Ligue 1
Si l’affaire reste pour l’instant contenue, elle pourrait rapidement se transformer en véritable feuilleton d’intersaison. Et cela intéresse de près les autres grandes équipes du championnat… à commencer par le PSG. Car un OM instable en interne, même qualifié en Ligue des champions, pèsera moins lourd dans la course au titre et sur la scène européenne. Paris, bien conscient du danger potentiel que représente un OM structuré, pourrait tirer un avantage stratégique d’un mal-être interne à Marseille.
Pour le football français, voir l’un de ses rares clubs européens en proie à des tensions techniques et stratégiques serait une mauvaise publicité. Et pour De Zerbi, réputé brillant mais difficile à gérer, l’enjeu sera désormais de clarifier ses intentions et d’apaiser sa relation avec les décideurs olympiens. Son avenir, comme celui du projet marseillais, en dépend étroitement.