Malgré une saison tonitruante avec l’Olympique de Marseille, Adrien Rabiot a été purement et simplement ignoré des Trophées UNFP 2024. Absent aussi bien de la liste des meilleurs joueurs que du onze-type de Ligue 1, l’international français n’a pas mâché ses mots. Une sortie médiatique tranchante qui interroge autant qu’elle révèle un certain malaise autour des choix de l’UNFP… et qui en dit long sur la perception de l’OM dans le paysage footballistique français actuel.
Une saison XXL… mais aucune reconnaissance officielle
Adrien Rabiot n’est pas homme à chercher les projecteurs. Mais quand la lumière oublie de s’arrêter sur lui, le Marseillais le fait savoir. Dans une interview accordée à la chaîne YouTube Carré, le milieu relayeur n’a pas tourné autour du pot : « Je suis top 3 des milieux de terrain cette saison, et je ne suis pas troisième. » Une déclaration aux allures de verdict, qui souligne la confiance — justifiée — que l’ancien Parisien place en ses performances.
Avec 6 buts et 8 passes décisives toutes compétitions confondues, doublés d’un rôle central dans l’équilibre tactique de Roberto De Zerbi, Rabiot a été le moteur de la belle deuxième place de l’OM. Alors comment expliquer son absence ? La question taraude jusque dans les rangs de l’UNFP : « Un membre m’a dit : ‘C’est n’importe quoi que tu ne sois pas dedans.’ » a révélé le joueur, dans une sortie qui résonne comme un camouflet pour les organisateurs.
Symptôme marseillais ou anomalie individuelle ?
L’affaire Rabiot prend une dimension plus large lorsqu’on la met en perspective avec d’autres absences marseillaises : l’entraîneur Roberto De Zerbi, artisan reconnu du redressement de l’OM, et Mason Greenwood, co-meilleur buteur de Ligue 1, n’ont eux non plus pas été récompensés ni même nommés. Seul Geronimo Rulli, capitaine exemplaire dans les cages phocéennes, a trouvé grâce aux yeux du panel, côté gardiens.
Le contraste est frappant avec la forte représentation parisienne : Ousmane Dembélé élu meilleur joueur, Vitinha dans le onze-type, Hakimi et même Rayan Cherki (OL) mis à l’honneur. Ce tropisme parisien rappelle que les critères de sélection aux Trophées UNFP soulèvent parfois les mêmes polémiques : impact médiatique, notoriété… plutôt que rendement et constance.
Une réaction classe malgré la déception
Derrière le coup de gueule, Rabiot fait aussi preuve de recadrage : pas question de se laisser abattre. « Je n’ai pas besoin de ça pour savoir que j’ai fait une grande saison. » affirme-t-il, insistant sur l’importance de la reconnaissance en interne. Salué par le staff, ses coéquipiers et les supporters, le milieu préfère s’accrocher au concret. « Ce que les joueurs me disent : ‘Tu as été important pour nous’… C’est ça la plus grande fierté. »
À travers cette posture, l’ancien Parisien montre qu’il sait dissocier reconnaissance institutionnelle et influence réelle sur le terrain. Loin d’être un simple caprice de star vexée, sa déclaration renvoie à une vérité dérangeante : certains profils sans storytelling marketing puissant continuent de passer sous les radars.
Quel impact sur les dynamiques PSG/OM ?
Cette affaire relance indirectement la rivalité PSG/OM sous un angle symbolique. Elle met en lumière un déséquilibre criant dans la perception des deux clubs : alors que le PSG concentre les projecteurs, Marseille reste perçu comme un outsider malgré des résultats solides. Une dynamique biaisée, aussi bien dans les médias que dans les distinctions officielles, qui peut alimenter le sentiment d’un traitement de faveur.
À la veille de la saison 2024-2025, cet épisode agit comme un électrochoc et pourrait bien renforcer la détermination des Marseillais à inverser cette tendance. De l’autre côté, pour le PSG, cela fait une nouvelle piqûre de rappel : l’avantage symbolique est aussi stratégique dans le football moderne où l’image pèse autant que le palmarès.
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