À l’Olympique de Marseille, le mot stabilité semble s’être évaporé depuis l’arrivée de Pablo Longoria aux manettes. Depuis 2020, le dirigeant espagnol a transformé la Canebière en véritable carrefour du mercato. Avec 74 arrivées enregistrées en seulement cinq saisons, l’OM est devenu le club de Ligue 1 le plus actif sur le marché, mais cette hyperactivité est-elle viable sportivement ? Pour le PSG, cette politique intermittente constitue un contraste saisissant… et un paramètre stratégique à surveiller.
Le chiffre qui fait tourner les têtes : 74 transferts en cinq ans
Depuis la saison 2020-2021, l’Olympique de Marseille a vu débarquer pas moins de 74 joueurs. En considérant les mercatos d’hiver et d’été, cela représente une moyenne de 15 nouveaux visages par an. De quoi bâtir cinq effectifs complets en moins d’un demi-décennie ! Ce chiffre, relayé par StatsduFoot sur X (anciennement Twitter), n’est pas anodin : il révèle une frénésie de recrutement rarement vue dans le football européen.
L’an dernier encore, l’OM a entamé une refonte massive d’effectif, avec des résultats sportifs encourageants : une deuxième place en Ligue 1, synonyme de qualification en Ligue des Champions. Mais à quelle stabilité s’attendre avec autant de mouvements ? C’est ici que le bât blesse.
Chaque coach marseillais a exigé son propre chantier. De Jorge Sampaoli à Igor Tudor, jusqu’à Roberto De Zerbi aujourd’hui, les arrivées n’ont cessé de refléter les envies tactiques et les préférences individuelles plutôt qu’un projet sportif clair et durable. C’est justement ce que le board olympien tente de corriger avec la nomination de De Zerbi : mettre fin à une instabilité chronique en imposant un cap sportif à long terme.
Une stratégie risquée face à un rival comme le PSG
Pour les fans du PSG, cette hyperactivité phocéenne incarne un contre-exemple flagrant. Face à une équipe parisienne qui, malgré ses propres remaniements, bâtit une ossature plus stable sous Luis Enrique, l’OM donne l’impression de courir après sa propre ombre. Le contraste est saisissant : alors que le club parisien met en place une structure claire autour de sa jeunesse dorée (Zaïre-Emery, Barcola, etc.) et de stars ciblées (comme Ousmane Dembélé ou le probable remplaçant de Mbappé), Marseille semble changer de visage à chaque mercato.
Au niveau de la Ligue 1, cette instabilité peut être payante sur le court terme comme en 2023-2024, mais elle bride tout gain de compétitivité durable. Sur le plan continental, le manque de continuité empêche l’OM de franchir un palier. Pour un club qui ambitionne de concurrencer le Paris Saint-Germain, cela pose une vraie limite stratégique.
Le cas Angel Gomes, symbole d’un projet renouvelé ou nouvelle pièce d’un cycle sans fin ?
Dernier exemple en date : Angel Gomes. Le milieu de terrain en fin de contrat avec Lille est sur le point de rejoindre Marseille libre, selon plusieurs sources proches du dossier. Ce jeune joueur au fort potentiel, capable d’évoluer en relayeur comme en meneur, complète une énième vague de recrues. Mais incarne-t-il un choix construit à long terme ou un simple ajout parmi tant d’autres ?
Les supporters marseillais eux-mêmes tirent la sonnette d’alarme : l’instabilité devient lassante. Même si les noms font rêver à l’instant T, l’absence de colonne vertébrale empêche l’équipe de progresser collectivement sur le long terme. De plus, un effectif constamment renouvelé rend difficile la création d’automatismes, cruciaux notamment en compétitions européennes.
Conclusion : L’OM affiche une politique de recrutement record sous Longoria, avec 74 joueurs en cinq saisons. Si elle apporte excitation et espoir à court terme, elle expose le club à une instabilité permanente. Pour le PSG, cette dynamique est un avantage concurrentiel : celui d’un projet cohérent, lisible et bâti avec continuité. Reste à voir si Roberto De Zerbi pourra enfin inverser la tendance et hisser l’OM à la hauteur de ses ambitions… et de ses rivaux.