L’avenir de Valentin Rongier à l’Olympique de Marseille semble scellé. Après six saisons sur la Canebière, le capitaine emblématique se dirige vers la sortie. Malgré le respect de Roberto De Zerbi pour son profil, la direction de l’OM a tranché : si prolongation il y avait, elle aurait déjà eu lieu. Mais les divergences salariales ont sonné le glas de cette relation.
Des désaccords financiers qui accélèrent la rupture
Marseille compte désencombrer sa masse salariale, et Valentino Rongier est l’un des premiers concernés. À 30 ans, le milieu de terrain est dans sa dernière année de contrat avec un salaire mensuel estimé à 330 000 euros brut. Une somme respectable, mais bien inférieure aux émoluments perçus par ses pairs au milieu de terrain comme Geoffrey Kondogbia ou Ismaël Bennacer, ancien prêté, qui touchaient environ 450 000 euros par mois.
Le joueur aurait réclamé un alignement sur ces salaires, mais les négociations n’ont pas abouti. Selon l’Équipe, l’OM a donc décidé de mettre son joueur sur le marché avec un tarif fixé à 10 millions d’euros. Un montant logique pour un joueur expérimenté, international espoirs, capable d’évoluer en sentinelle comme en relayeur, et réputé pour sa science du placement et sa régularité.
Si De Zerbi appréciait le profil de l’ancien nantais – allant jusqu’à le considérer comme un possible stabilisateur de son entrejeu version 2025-2026 – les réalités économiques du club ont pris le dessus. Pour mémoire, Rongier cumule 196 matchs sous le maillot olympien, 6 buts et 11 passes décisives. Un bilan solide, mais qui ne justifie plus, aux yeux de la direction, une prolongation au prix fort.
Sunderland et Régis Le Bris se positionnent
Le principal prétendant actuellement ? Sunderland. Le club de Championship, bien décidé à retrouver l’élite anglaise, a nommé un certain Régis Le Bris à sa tête. Or, Le Bris connaît bien les qualités de Rongier, avec lequel il a souvent croisé le fer en Ligue 1 lorsqu’il dirigeait le FC Lorient.
À cela s’ajoute la présence de Florent Ghisolfi, ex-Lensois, en tant que directeur sportif de Sunderland ; un duo franco-français qui pourrait convaincre l’ex-capitaine marseillais de tenter l’aventure outre-Manche. L’idée ? Bâtir un projet autour de joueurs d’expérience, capables d’encadrer une jeune génération talentueuse et instable. Le profil de Rongier colle parfaitement : régulier, discipliné et rompu aux joutes du haut niveau européen.
Autre piste évoquée : Côme, promu en Serie A, sans véritables garanties sportives sur le long terme. Si l’intérêt est bien réel, aucune offre concrète n’a été transmise à ce jour. Le club italien cherche à se renforcer sans exploser sa grille salariale, ce qui pourrait poser problème avec les exigences de Rongier.
Quel impact pour l’OM version De Zerbi ?
Sportivement, le départ de Rongier posera la question de la relève. Après avoir déjà perdu Jordan Veretout parti en Arabie Saoudite à l’été 2024, et avec Pape Gueye en fin de contrat, l’OM devra rapidement solidifier son milieu défensif. De Zerbi, adepte d’un jeu basé sur la relance courte et les transitions rapides, devra trouver un autre profil capable de lire le jeu aussi bien que le numéro 21 phocéen.
Ce départ — volontaire ou contraint — est aussi un signal envoyé à l’effectif : la direction veut remodeler profondément le groupe, optimiser sa masse salariale et faire de la place à des profils plus jeunes, plus explosifs mais aussi plus rentables économiquement. En filigrane, une ambition : redevenir compétitif face aux mastodontes de Ligue 1, à commencer par le PSG.
Car si Paris a renforcé son entrejeu avec des profils athlétiques (Fofana, Ugarte), l’OM doit, lui aussi, structurer à nouveau sa colonne vertébrale s’il veut espérer retrouver l’Europe la saison prochaine – voire titiller plus haut, comme l’a rappelé Pablo Longoria début juin.
Conclusion : Un départ inévitable, mais stratégique
Valentin Rongier semble donc sur la voie du départ, et Marseille espère tirer profit de cette situation en obtenant une indemnité avant qu’il ne parte libre en juin 2026. Le nom de Sunderland circule avec insistance, et le tandem Ghisolfi-Le Bris pourrait bien convaincre l’ancien capitaine de franchir la Manche.
Quoi qu’il en soit, ce transfert serait un tournant pour l’OM, qui amorce un nouveau cycle sous De Zerbi, avec des ambitions toujours aussi élevées. Mais pour concurrencer sérieusement le PSG en Ligue 1 et performer en Europa League, le club phocéen devra réussir un mercato estival sans faux pas. Et cela commence, peut-être, par bien négocier ce départ.