Alors que l’Olympique de Marseille s’apprête à disputer une Ligue des Champions 2025-2026 relevée, un autre sujet brûlant s’est invité dans les discussions : la possible victoire d’un joueur du PSG au Ballon d’Or. Interrogé à ce sujet en marge du tirage au sort européen, Pablo Longoria, président de l’OM, a préféré adopter une posture mesurée, illustrant une tension permanente entre les deux clubs phares de Ligue 1.
Une réponse diplomatique pour éviter le terrain glissant
Devant les caméras de Movistar+, alors qu’il venait tout juste de réagir au tirage plaçant l’OM dans un groupe extrêmement compétitif avec Liverpool, l’Atalanta, l’Ajax et Newcastle, Pablo Longoria a été interrogé sur un sujet tout autre : le Ballon d’Or 2025 et ses favoris. Sa réaction a été aussi habile qu’évasive : « Sans aucun doute que je donnerais le Ballon d’Or à quelqu’un qui a gagné la Ligue des champions, mais je ne vais pas parler publiquement du PSG. » Une manière claire de préserver la neutralité, tout en évitant de faire l’éloge de l’éternel rival marseillais en pleine année de succès pour Paris.
La déclaration de Longoria illustre une réalité bien ancrée sur la Canebière : à Marseille, même lorsqu’un joueur du PSG brille au niveau mondial, la fierté et la rivalité priment sur les éloges. Une philosophie historique entre ces deux géants du football français qui se regardent en chiens de faïence.
Dembélé, favori au Ballon d’Or : un cauchemar pour l’OM ?
Depuis plusieurs semaines, le nom d’Ousmane Dembélé revient avec insistance dans les cercles des votants du Ballon d’Or 2025. Son bilan est tout simplement étourdissant : 35 buts, 16 passes décisives, vainqueur de la Ligue des champions (face à Liverpool) et auteur d’un doublé en finale. À cela s’ajoute un triplé historique avec le PSG (Ligue 1, Coupe de France, Ligue des champions), une performance rarement égalée dans l’histoire du ballon rond français.
Un sacre de Dembélé porterait un coup dur au moral des passionnés olympiens. Voir un joueur parisien monter sur la plus haute marche du football mondial, à Paris qui plus est (la cérémonie est prévue au Théâtre du Châtelet en septembre 2025), serait vécu comme une amère victoire de l’ennemi.
Autre prétendant, Lamine Yamal, jeune prodige du FC Barcelone âgé de 18 ans, s’appuie sur une victoire à l’Euro 2024 avec l’Espagne et une saison flamboyante pour tenter de contester la domination parisienne. Mais malgré sa précocité, l’ailier catalan semble légèrement en retrait face à la dimension historique de la saison de Dembélé.
La position délicate de Longoria passera-t-elle bien à Marseille ?
En refusant de citer explicitement Ousmane Dembélé ou tout autre joueur du PSG, Longoria a avant tout pensé à préserver l’image du club phocéen. Difficile pour lui de reconnaître publiquement la légitimité d’un triomphe parisien dans un climat où chaque mot est scruté, repris et vivement commenté. Ce silence volontaire est aussi un message : le président de l’OM ne cédera rien à la rivalité parisienne, même sur un trophée individuel aussi prestigieux que le Ballon d’Or.
Mais au-delà de la fierté, cette posture cache aussi une certaine lucidité : avec un groupe de Ligue des champions aussi relevé, l’enjeu des Marseillais est ailleurs. Longoria doit concentrer son énergie sur l’amélioration d’un effectif qui devra batailler dur pour voir les huitièmes de finale. La comparaison avec un PSG qui survole les compétitions européennes cette saison met d’autant plus en lumière l’écart que l’OM souhaite combler.
En refusant de parler du PSG et de Dembélé, Longoria évite une forme de légitimation publique du rival. Mais la réalité sportive, elle, reste implacable : aujourd’hui, c’est bien Paris qui brille à l’international. Un défi immense pour un OM qui veut redevenir une référence continentale… sans avoir à applaudir son plus grand adversaire.