Ce dimanche, l’Olympique de Marseille se déplace sur la pelouse de son éternel rival lyonnais pour un Classique du Sud toujours électrique. Mais du côté de l’OL, un coup de théâtre a bousculé les plans tactiques de Paulo Fonseca : le départ précipité de Georges Mikautadze à Villarreal pour 35 millions d’euros. Privé de son avant-centre vedette à quelques heures du match contre l’OM, l’entraîneur portugais doit bricoler pour maintenir l’équilibre offensif lyonnais. Analyse des trois options envisagées.
Karabec, intérimaire de luxe ou faux neuf assumé ?
Paulo Fonseca pourrait confier les clés de l’attaque lyonnaise à Adam Karabec, jeune milieu tchèque de 21 ans. Déjà utilisé brièvement à ce poste face à Lens, le joueur formé au Sparta Prague semble être la solution préférée de l’entraîneur pour occuper la pointe d’un 4-3-3 très mobile. Grâce à sa qualité de déplacement et sa technique dans les petits espaces, Karabec pourrait se muer en faux neuf, décrochant régulièrement pour libérer les couloirs à des ailiers comme Fofana.
Un choix audacieux mais risqué, surtout face à une défense marseillaise bien organisée et portée par Mbemba et Balerdi. L’OM, qui a parfaitement maîtrisé les espaces contre Lille (2-0) début février, pourrait contenir les percées de Karabec en renforçant son axe central.
L’autre enjeu de ce choix : la contribution défensive. Karabec n’a pas le volume d’un pur neuf pour aller au pressing sur les centraux marseillais, une lacune que Fonseca devra compenser collectivement. Côté OM, Gennaro Gattuso — à qui Jean-Louis Gasset a succédé depuis janvier 2025 — a toujours misé sur une récupération haute. Cet affrontement tactique pourrait tourner rapidement en faveur des Phocéens si Karabec peine à tenir son rôle de première rampe défensive.
Pavel Sulc, efficacité venue de République tchèque
Autre possibilité explorée par Fonseca : réinventer Pavel Sulc en avant-centre. L’ex-buteur du Viktoria Plzen affiche des statistiques impressionnantes (20 buts la saison passée), mais il n’a jamais vraiment joué en pointe dans un championnat majeur. Toutefois, sa polyvalence offensive et sa capacité à percuter sur les transitions rapides s’inscrivent dans le schéma de Fonseca, particulièrement contre une équipe de l’OM qui aime dominer le ballon.
Face à ce type de profil, l’OM devra se méfier : Sulc peut surgir dans le dos d’une défense parfois haute et friable sur les seconds ballons. Comparé à Mikautadze, Sulc offre moins de présence dos au but, mais davantage de projection. La solidité du double-pivot Rongier-Kondogbia sera donc mise à rude épreuve.
Alejandro Gomes Rodriguez, le pari jeunesse
Dernière carte dans la manche de Fonseca : Alejandro Gomes Rodriguez. À seulement 17 ans, le jeune avant-centre a impressionné durant la pré-saison, notamment en trouvant le chemin des filets face au Bayern Munich. Il représente l’unique véritable numéro 9 de métier encore disponible à Lyon.
Mais face à un OM expérimenté et discipliné — qui lutte pour une qualification en Ligue des champions 2025-2026 —, l’option Gomes semble hautement risquée. Le sud-américain manque de repères à ce niveau et pourrait être impressionné par l’enjeu du choc au Groupama Stadium. En Ligue 1, les chocs entre l’OL et l’OM ne pardonnent pas les erreurs de jeunesse, surtout quand l’ombre du PSG plane au-dessus du classement.
Difficile de savoir si Fonseca osera titulariser Gomes ou le préserver pour une entrée en jeu. Mais dans tous les cas, l’absence de Mikautadze pourrait laisser des traces, d’autant que cet OL-OM est crucial pour la course aux places européennes où Paris reste, comme toujours, le favori n°1 à détrôner.
Un OM en embuscade pour s’imposer et relancer la machine
Côté marseillais, ce bouleversement tactique du rival rhodanien tombe à pic. Après un début d’année 2025 sous tension, l’OM retrouve des couleurs sous la houlette de Gasset et compte bien profiter du déséquilibre lyonnais. En cas de victoire, les Olympiens reviendraient au contact du podium, et surtout, mettraient la pression sur le PSG, actuel leader mais fragilisé par plusieurs absences défensives.
Ce choc OL – OM dépasse donc le simple cadre des traditionnels affrontements entre deux ennemis jurés : c’est une bataille stratégique, une lutte d’endurance pour l’Europe, et un signal fort envoyé à tout le championnat.