Alors que l’Olympique de Marseille s’apprête à affronter le Real Madrid en Ligue des champions, Pablo Longoria n’a pas mâché ses mots. Invité de France Inter, le président olympien a livré une analyse acerbe du football français avec, en ligne de mire, le Paris Saint-Germain. À travers ses déclarations fortes, c’est bien l’orientation stratégique du football hexagonal qu’il remet en cause, tout en défendant les valeurs collectives prônées par l’OM cette saison.
Rabiot, un cas révélateur selon Longoria
Le départ d’Adrien Rabiot vers l’AC Milan à l’issue du mercato estival 2025 a bousculé le vestiaire olympien. Revenu à son meilleur niveau sous les couleurs marseillaises en 2024-2025, Rabiot a quitté l’OM sur fond d’altercation. Longoria a justifié cette décision : « Je n’étais pas dans les vestiaires, mais jamais dans ma vie, je n’ai vu des personnes sortir avec le visage complètement blanc et défiguré », a-t-il confié, sous-entendant une tension particulièrement grave. Pour le président, le choix de transférer le joueur plutôt que de suspendre était une décision mûrement réfléchie : « Le football, ce n’est pas un sport individuel », a-t-il résumé, insistant sur l’importance de la cohésion dans le projet olympien.
Ce témoignage éclaire la philosophie marseillaise actuelle, centrée sur le collectif, la discipline interne et le refus des ego dominateurs. Une stratégie aux antipodes de celle souvent reprochée au PSG, où les individualités phares règnent au sommet d’un effectif galactique.
Une charge directe contre le modèle du PSG
Mais c’est bien au cœur du débat stratégique que Longoria a haussé le ton. Interrogé sur l’état du football français, il a dénoncé la vision court-termiste des institutions et pointé une gouvernance défaillante, notamment incarnée par le PSG. « Le modèle de gouvernance du Paris Saint-Germain ne fonctionne pas depuis longtemps », affirme-t-il. Selon lui, le club parisien cherche à contrôler tous les mouvements du football hexagonal, sans réelle concertation.
Longoria critique surtout une approche trop individualiste du club de la capitale, qui se détache de la mission collective de développement du football français. En d’autres termes, Paris jouerait sa propre partition, négligeant les équilibres entre clubs, alors que l’OM prône un football plus populaire, fondé sur le dialogue et la construction partagée. Une opposition de style qui fait écho à la plus grande rivalité du football hexagonal.
Et cette rivalité dépasse aujourd’hui les lignes du terrain : elle s’inscrit dans des philosophies opposées. Paris avance à coup de contrats marketing et de stars mondiales, Marseille tente de bâtir un projet durable, plus humain et plus connecté à sa base populaire. Pour Longoria, c’est aussi un combat pour l’avenir du football français : « Il n’y a pas de dialogue, pas de construction collective. Je ne me sens pas représenté », tonne-t-il.
Enjeux pour la saison 2025-2026 : entre ambitions européennes et bataille idéologique
Au-delà de la polémique, cette sortie médiatique s’inscrit dans une saison 2025-2026 cruciale pour l’OM. Engagé en Ligue des champions et bien positionné en tête de la Ligue 1 à l’approche de la trêve hivernale, Marseille veut incarner une alternative crédible au Paris SG, jusque-là dominateur de la scène nationale. La rencontre face au Real Madrid, prévue cette semaine, est aussi un test pour mesurer la maturité de l’effectif dirigé par Roberto De Zerbi.
Sur le plan sportif comme institutionnel, l’OM veut assumer une nouvelle stature : celle d’un club moderne, structuré, mais qui ne perd pas son attache au peuple marseillais. Et dans cette bataille, les mots de Pablo Longoria ont valeur de manifeste. Loin d’être une simple provocation, son discours critique évoque des failles réelles de gouvernance et met en lumière deux visions irréconciliables du leadership dans le football hexagonal. PSG vs OM, encore et toujours – sur le terrain comme dans les couloirs du pouvoir.