Pour son grand retour en Ligue des champions, l’Olympique de Marseille a livré une prestation courageuse mais insuffisante face à un Real Madrid réduit à dix. Deux penaltys transformés par Kylian Mbappé ont eu raison de la résistance phocéenne.
Un retour européen électrisant… mais frustrant
Après trois saisons sans Ligue des champions, l’OM retrouvait la plus prestigieuse des compétitions au Santiago-Bernabéu, face à un Real Madrid orphelin de plusieurs cadres mais toujours aussi redoutable. Pablo Longoria avait fixé le cap : briller sur la scène européenne. Et les hommes de Roberto De Zerbi n’ont pas démérité, bien au contraire.
Si le début de match est tout à l’avantage du Real, avec une pression haute et des mouvements fluides, c’est Marseille qui ouvre le score contre le cours du jeu. À la 22e minute, Greenwood intercepte un ballon au milieu de terrain, élimine son vis-à-vis et sert Timothy Weah dans la profondeur. L’Américain conclut d’un plat du pied imparable. 0-1 pour l’OM, le scénario rêvé.
Mais le rêve tourne vite court. À peine six minutes plus tard, sur une percée de Mbappé, Kondogbia commet l’irréparable : penalty. L’attaquant du PSG, désormais au Real depuis l’été 2025, ne tremble pas et égalise (1-1, 28’).
Avant la pause, c’est un véritable show de Gerónimo Rulli qui empêche le Real de prendre l’avantage. L’Argentin réalise trois parades décisives devant Rodrygo, Mastantuono et Camavinga. Le Real reste muet, et l’OM tient le nul à la pause, dans un match déjà palpitant.
Le facteur Mbappé, encore et toujours lui
La deuxième période offre un scénario que tout Marseillais aurait cru favorable : à la 72e minute, Dani Carvajal écope d’un second carton jaune. Le Real termine donc la rencontre en infériorité numérique. C’est le moment pour l’OM de porter l’estocade… Mais c’est l’inverse qui se produit.
À la 81e minute, sur un centre de Valverde, Medina contre le ballon de la main dans la surface. Penalty à nouveau. Mbappé s’élance face à Rulli et le prend à contre-pied pour donner l’avantage aux siens (2-1). Un doublé pour l’ancien chouchou du PSG, qui prouve une fois de plus qu’il adore briser les rêves marseillais, que ce soit au Parc des Princes ou à Madrid.
Malgré les entrées offensives d’Aubameyang et de Moumbagna, l’OM ne parvient pas à revenir. Greenwood trouve Courtois sur sa route, Aubameyang manque une volée et le chronomètre joue contre les Phocéens. Le score en reste là : 2-1 pour le Real Madrid.
Analyse : des raisons d’y croire malgré la défaite
L’OM repart de Madrid sans point, mais avec de solides motifs d’espoir. Le pressing intelligent, les transitions rapides entre les lignes, la solidité d’un Rulli au sommet de son art : autant de signaux positifs pour la suite de cette phase de groupes.
Roberto De Zerbi a su mobiliser son groupe dans un contexte hostile, et la prestation de cadres comme Veretout ou Gigot peut être saluée. Toutefois, l’indiscipline défensive (deux penaltys concédés) et le manque de tranchant dans les 20 derniers mètres restent des axes d’amélioration majeurs.
Sur le plan symbolique, ce revers face à Mbappé – le bourreau historique des Classiques OM-PSG – fait mal. L’ombre du Parisien plane encore, maintenant sous les couleurs merengues, et rappelle aux supporters phocéens que la rivalité ne connaît pas de frontières. Mais avec la Juventus et Anderlecht comme prochains adversaires dans ce groupe C, les Olympiens ont encore toutes les cartes en main.
Verdict : Ce premier match européen expose les failles mais confirme aussi le potentiel de l’OM version De Zerbi. Une défaite porteuse d’enseignements, à condition de vite rebondir.