L’Olympique de Marseille entame la saison 2025-2026 avec une stabilité relative retrouvée, après un été marqué par quelques secousses internes. L’une des plus marquantes reste le départ tumultueux d’Adrien Rabiot. Deux semaines après sa signature à l’AC Milan, le directeur sportif de l’OM, Mehdi Benatia, revient à la charge dans un entretien accordé au Monde. S’il garde une forme de respect pour l’international français, il ne cache pas son agacement vis-à-vis de l’influence de son entourage, désignant particulièrement – sans la nommer – sa mère et agente Véronique Rabiot.
Un épisode houleux aux conséquences sportives lourdes
Le feuilleton Adrien Rabiot a cristallisé les tensions à la Commanderie. Arrivé libre en provenance de la Juventus l’été dernier, le milieu de terrain tricolore devait incarner un des piliers du projet marseillais version De Zerbi. Mais tout a basculé après une altercation musclée avec Jonathan Rowe à l’issue de la défaite face à Rennes lors de la première journée, un revers qui avait déjà mis l’OM sous pression en ce début de championnat 2025-2026.
Benatia a tenté de calmer la situation, mais la direction a rapidement choisi de siffler la fin de l’histoire : Rabiot devait partir. Si le dossier Rowe s’est réglé rapidement, celui de Rabiot a traîné, en grande partie à cause de négociations complexes, influencées par son camp. Le transfert de dernière minute vers le Milan AC n’a rapporté que 7 millions d’euros à l’OM, une somme très éloignée des espérances et de la valeur réelle du joueur.
« Je suis très proche d’Adrien, que j’aime beaucoup. […] Mais cela a dégénéré quand sa famille s’en est mêlée… » a déclaré Benatia à Le Monde. Des propos qui confirment une tension persistante avec Véronique Rabiot, connue pour son implication très prononcée dans la carrière de son fils, souvent critiquée, y compris du côté du Paris Saint-Germain quelques années plus tôt.
Une perte stratégique dans une saison à enjeux multiples
Ce départ précipité rebat les cartes au milieu marseillais. En Ligue 1 comme en Ligue des Champions, l’OM aura besoin de stabilité et d’impact dans l’entrejeu. Et si De Zerbi a fait preuve d’adaptabilité, ce changement de dernière minute n’a pas été sans conséquence. Le technicien italien, pourtant séduit un temps par un retour de Rabiot dans le groupe, s’est rangé derrière la politique de fermeté de la direction. Une fois de plus, c’est la gestion d’un vestiaire complexe qui fait basculer les perspectives sportives du club.
À l’inverse, la direction du PSG, éternel rival, mise sur une continuité presque insolente cette saison. Un contraste saisissant qui pourrait, une fois encore, influer sur la dynamique du Classique. Dans un contexte où chaque point compte, la perte d’un joueur expérimenté comme Rabiot au profit d’un concurrent en Ligue des Champions pourrait se révéler stratégique.
Benatia relativise en rappelant à juste titre que l’OM s’est renforcé à d’autres postes, mais cette saignée qualitative à quelques jours de la phase de groupes de la C1 ne pouvait pas arriver à pire moment. Le gentleman agreement évoqué par le dirigeant marseillais, clause permettant un départ à bas prix jusqu’à fin juillet, souligne également une gestion contractuelle peu prévoyante, d’autant plus dans le championnat français où l’optimisation des actifs est cruciale hors des frontières du PSG.
Une déclaration qui résonne comme un avertissement
Ce nouvel épisode souligne un point fondamental : la gestion humaine reste au cœur de tout projet sportif. La sortie de Mehdi Benatia ne vise pas seulement une personne, mais une logique. À l’OM, comme ailleurs, les interventions familiales dans la sphère sportive peuvent avoir des effets dévastateurs. Et dans une saison 2025-2026 où chaque erreur de casting ou de communication peut coûter cher, l’OM n’a plus le luxe de s’encombrer de dossiers plombants.
Derrière cette pique à peine voilée se dessine une volonté de bâtir un groupe soudé et professionnel. Une condition indispensable pour espérer rivaliser avec les grosses armadas du continent… et avec le PSG, dont l’un des atouts majeurs reste la sérénité de vestiaire retrouvée sous la houlette de Luis Campos.
Rabiot parti, Benatia assume et trace une ligne claire. Mais ce feuilleton laissera des traces. En interne comme dans les travées du Vélodrome, on espère désormais tourner définitivement la page.