Ce mardi soir, l’Olympique de Marseille se déplace sur la pelouse mythique du Santiago-Bernabéu pour y défier le Real Madrid en Ligue des Champions 2025-2026. Si l’OM rêve d’un exploit, son coach Roberto De Zerbi a déjà dégainé trois choix forts dans son plan de bataille face aux Merengue. Analyse.
Le pari Aubameyang : l’expérience avant la fougue
Dans ce qui s’annonce comme un choc tactique intense, De Zerbi a fait un choix fort en alignant Pierre-Emerick Aubameyang en pointe, reléguant Amine Gouiri sur le banc au coup d’envoi. L’attaquant gabonais, auteur de prestations solides en Ligue 1 et en phase de poules, devient l’atout offensif numéro un pour un OM qui aura sans doute peu de cartouches à griller.
Aubameyang, fort de son expérience dans les grands matchs européens, a été préféré à Gouiri, légèrement blessé face à Lorient. En conférence de presse, De Zerbi l’a laissé entendre sans le citer directement : « Dans ce genre de match, ce n’est pas le nombre d’occasions qui compte, mais la lucidité pour les concrétiser » (source : L’Équipe).
Côté PSG, on se souvient que le Real a rarement laissé une chance aux attaques trop timorées. Paris l’a appris à ses dépens ces dernières saisons. De Zerbi mise donc sur la finesse et la science du placement d’Aubameyang pour peser sur la défense madrilène et exploiter la moindre erreur.
Timothy Weah, la solution de rupture sur le couloir gauche
Deuxième décision marquante : le repositionnement de Timothy Weah sur l’aile gauche. Un choix audacieux, dans la continuité de ce que De Zerbi aime mettre en place avec ses pistons latéraux : de la percussion, de la largeur et de l’intensité.
Avec Paixao laissé sur le banc, le fils de George Weah apporte sa capacité d’accélération et son sens du débordement face à une défense madrilène parfois vulnérable en transition. Ce choix n’est pas anodin : il marque aussi une volonté claire de l’OM de ne pas seulement subir, mais de proposer offensivement en contre.
Alors que le PSG avait lui aussi misé sur Hakimi dans plusieurs confrontations face au Real, sans trouver la faille dans la profondeur, l’OM tente un autre profil, plus brut, moins prévisible sur ses prises de risque individuelles.
Balerdi, une dernière chance dans le chaos défensif ?
Le dernier changement majeur concerne la charnière centrale : Leonardo Balerdi remplace Nayef Aguerd, blessé. Si cette décision est dictée par un contretemps médical (Aguerd a subi un choc inquiétant au crâne), elle n’en reste pas moins symbolique : De Zerbi fait confiance à son capitaine argentin dans le match le plus important de la saison.
Mais Balerdi, en difficulté depuis plusieurs semaines, aura fort à faire face aux talents madrilènes – notamment un Kylian Mbappé ultra décisif en ce début de saison madrilène. Le défenseur central devra contenir la pression et retrouver le calme qu’il avait montré en milieu de saison passée.
Dans ce secteur, la comparaison avec le PSG est piquante : Paris a souvent souffert de fragilité dans sa charnière sous pression européenne. L’OM, pour son retour ambitieux en C1, doit éviter de répéter ces erreurs face à un adversaire qui punit chaque hésitation.
Un plan risqué, mais assumé
Ces trois choix – Aubameyang, Weah, Balerdi – révèlent un plan de jeu moins frileux qu’attendu de la part de De Zerbi. Le coach italien, réputé pour sa philosophie proactive, a décidé de ne pas se renier, même face au géant merengue. Cela témoigne d’une ambition retrouvée à l’OM, qui, depuis plusieurs saisons, peine à briller en Ligue des Champions.
Reste à savoir si cette audace suffira face à une équipe madrilène galvanisée par ses stars et son invincibilité à domicile. Mais dans un contexte où le PSG surveille toujours ses ennemis jurés phocéens dans les compétitions européennes, une performance marseillaise marquerait un signal fort. Et relancerait la rivalité hexagonale à l’échelle continentale.
Rendez-vous ce soir pour savoir si le pari De Zerbi sera gagnant ou s’il rejoindra la longue liste des plans brisés par le Real Madrid sur sa pelouse mythique.