Ce dimanche 19 octobre 2025 restera longtemps gravé dans la mémoire des supporters olympiens. Non seulement l’Olympique de Marseille a réussi l’exploit de battre le Paris Saint-Germain 1-0 au Vélodrome, une première depuis 2011, mais la soirée aura aussi été marquée par un moment rare d’élégance dans cette rivalité électrique : l’hommage appuyé de Pierre-Emerick Aubameyang à Ousmane Dembélé, fraîchement sacré Ballon d’Or 2025.
L’OM en patron, Aubameyang en guide
À 36 ans, Pierre-Emerick Aubameyang prouve qu’il n’est pas seulement un buteur précieux, mais aussi un leader capable d’embrasser les grandes occasions. Dans un Classique tendu, l’OM a su faire preuve de solidité défensive et d’une intensité rare face au PSG, pourtant favori. Le but victorieux, signé Harit sur une passe lumineuse de Moumbagna, a suffi à libérer le Vélodrome.
Interrogé en zone mixte après le match, Aubameyang s’est montré ému. « Je suis fier de mes partenaires. On a fait un grand match, c’était important pour le club et les supporters. » a-t-il déclaré au micro de Foot Mercato. Et comment ne pas le comprendre ? Ce succès propulse l’OM dans le quatuor de tête de Ligue 1 pour cette saison 2025-2026 et conforte les ambitions du club après un début de campagne européenne convaincant.
Un hommage sincère malgré la rivalité
Mais le moment marquant au-delà du terrain est venu lorsque les journalistes ont évoqué le Ballon d’Or remporté, quelques heures plus tôt, par Ousmane Dembélé. Le joueur parisien, auteur d’une saison 2024-2025 étincelante, a été sacré grâce à ses performances en Ligue des champions et avec l’équipe de France à l’Euro 2024. Une récompense discutée, forcément, compte tenu de la rivalité entre Parisiens et Marseillais.
Aubameyang, pourtant adversaire du soir de Dembélé, n’a pas esquivé. « Honnêtement, en tant qu’ami, je suis content pour lui, je le connais depuis longtemps, on s’est côtoyé à Dortmund… après je ne vais pas en dire plus car il fait partie du club qu’on a affronté ce soir. » a-t-il lancé avec le sourire. Ce clin d’œil témoigne d’un lien fort entre les deux hommes, forgé à l’époque du Borussia Dortmund en 2016-2017, où leur complémentarité technique faisait déjà des étincelles.
Interrogé sur la légitimité du sacre de Dembélé, Aubameyang a confirmé : « En tant que passionné de football, c’est mérité. » Pas de langue de bois donc, mais un respect profond pour le joueur parisien, au-delà du contexte du Classique. Une posture rare, qui amène de la hauteur à cette rivalité souvent marquée par la tension extrême.
Un symbole fort, à la croisée des dynamiques
Cette déclaration d’Aubameyang peut aussi être interprétée comme le reflet d’un OM conscient de ses forces et désormais capable d’imposer un autre narratif que celui de l’éternel outsider. Le succès face au PSG n’est pas anodin : tactiquement, Jean-Louis Gasset a su brider Mbappé et couper les circuits habituels des Parisiens. L’OM version 2025-2026 semble construit pour durer, avec une assise défensive plus constante, un pressing mieux orchestré et un vestiaire emmené par des leaders d’expérience.
Quant à Dembélé, son Ballon d’Or, aussi contesté soit-il par une partie du public, souligne la montée en puissance d’un joueur trop longtemps irrégulier. Si le PSG veut garder sa domination nationale, il devra plus que jamais sublimer ses talents. Et dans cet OM-PSG au goût de revanche marseillaise, voir l’un des cadres olympiens saluer le meilleur joueur du monde redéfinit aussi la rivalité : plus mature, plus respectueuse, mais toujours aussi passionnée.
Marseille a frappé un grand coup, sur et en dehors du terrain. La saison 2025-2026 est encore longue, mais ce Classique restera comme un moment charnière, où l’OM a conjugué performance et élégance. Et Aubameyang, une fois de plus, s’est imposé comme un mentor respecté, capable d’élever le débat.