Alors que la saison 2025-2026 bat son plein, un feuilleton hors terrain secoue les coulisses du football européen. L’Olympique de Marseille serait indirectement mêlé à un méga-projet de rénovation d’Old Trafford, le légendaire stade de Manchester United. Une connexion inattendue qui alimente rumeurs, stratégies d’influence et perspectives financières à grande échelle.
Un projet à 2 milliards autour d’Old Trafford : Saadé dans l’équation
Tout est parti d’un message posté sur X par Turki Alalshikh, figure influente du sport saoudien et ancien propriétaire d’Almería. Il y laissait entendre qu’un investisseur – sans nommer la provenance – pourrait être impliqué dans un plan de modernisation de l’antre mancunien. Rapidement, il précisait ne pas être concerné, ni lui, ni l’Arabie Saoudite. Mais il n’en fallait pas plus pour mettre le feu aux poudres.
Le tabloïd britannique The Sun a rapidement rebondi, pointant vers une piste bien connue à Marseille : Rodolphe Saadé. Le PDG de CMA CGM – déjà partenaire majeur de l’OM – serait impliqué indirectement via Freightliner (filiale du groupe), propriétaire de terrains cruciaux autour d’Old Trafford. Ces derniers sont essentiels dans le plan de Sir Jim Ratcliffe, copropriétaire de Manchester United, qui envisage de bâtir un nouveau stade de 100 000 places estimé à plus de 2 milliards de livres.
Si Saadé ne s’affirme pas comme acteur officiel du projet pour l’instant, sa présence stratégique dans le plan immobilier en fait un rouage incontournable. Pour l’OM, cela pose une question de fond : quelles répercussions pour le club phocéen d’un partenariat si étroit entre son principal sponsor et Manchester United ?
Des enjeux pour l’OM : dépendance, ambitions et rivalité avec le PSG
Les supporters marseillais scrutent cette affaire avec vigilance, à juste titre. Car si CMA CGM et Rodolphe Saadé venaient à intégrer une opération aussi colossale que celle de Manchester, cela pourrait rebattre les cartes au Vélodrome. Financement, priorités, répartition des ressources : le club olympien pourrait craindre un déplacement de centre de gravité stratégique vers l’Angleterre… ou au contraire, espérer profiter des retombées structurelles d’une telle ambition européenne.
Il faut rappeler que dans les cinq dernières saisons, l’OM a tenté de consolider son statut de dauphin du PSG en Ligue 1, tout en brillant sporadiquement sur la scène européenne – souvent freinés par des lacunes structurelles ou financières. Avec un peu de cynisme, certains observateurs soulignent que ce ballet stratégique entre Saadé, Manchester et potentiellement des investisseurs saoudiens, ressemble à une course à l’armement face au mastodonte parisien et son capital qatari.
Mais là où le PSG profite d’une stabilité d’actionnaires via QSI, le flou autour de la gouvernance de l’OM commence à inquiéter. Vincent Labrune, président de la LFP et ex-patron du club, tacle parfois à demi-mot la gestion marseillaise, tandis que Pablo Longoria, président en exercice, tente de garder une ligne cohérente sur le plan sportif. Dans ce contexte, un désengagement (même partiel) de CMA CGM serait un coup dur – à moins que Saadé ambitionne tout simplement de dupliquer l’impact économique du sport ailleurs tout en conservant son pied à Marseille…
Un OM stratégiquement exposé et un PSG spectateur (pour l’instant)
Côté PSG, on observe le tableau avec curiosité. Le club de la capitale, solidement arrimé à son projet d’expansion internationale, ne manifeste pas de signes d’inquiétude. Mais la montée en puissance d’un autre club sponsorisé par des mastodontes de la logistique (CMC CGM dans le cas de l’OM, potentiellement actif à Manchester) pourrait créer une nouvelle dynamique à l’échelle continentale. Et dans un football moderne où business et ballon rond sont intimement liés, toute modification de l’équilibre géopolitique du football attire l’attention.
Pour le moment, aucun élément ne permet d’affirmer que l’OM est directement impacté. Mais les interconnexions entre investisseurs, sponsors, projets immobiliers et tribunes européennes dessinent un échiquier passionnant – où chaque pion, même éloigné, peut finir par peser lourd sur une saison.
À surveiller de très près pour les fans olympiens… et les Parisiens toujours prompts à se réjouir du moindre faux-pas marseillais sur, et en dehors, du terrain.