Roberto De Zerbi, maître à penser du nouveau projet de l’Olympique de Marseille, a jeté un pavé dans la mare marseillaise en évoquant une possible pause dans sa carrière d’entraîneur. Alors que les Phocéens réalisent un excellent début de saison 2025-2026, cette déclaration fait l’effet d’une douche froide sur les supporters et la direction, relançant les interrogations sur la stabilité du club.
Un OM transformé par De Zerbi
Arrivé l’été dernier, Roberto De Zerbi a radicalement changé le visage de l’OM. Sous ses ordres, les Phocéens ont trouvé une identité de jeu forte, marquée par la construction patiente, le pressing intelligent et une audace technique saluée par les observateurs. Après une année de transition conclue par une deuxième place en Ligue 1 et un retour en Ligue des Champions, le technicien italien a consolidé son projet et positionné Marseille comme un sérieux outsider national… voire européen.
Cette transformation est d’autant plus marquante qu’elle fait rejaillir la rivalité historique avec le PSG. L’OM de De Zerbi cherche à concurrencer l’hégémonie parisienne non seulement au classement, mais aussi en termes d’ambition et de style. Si Paris continue de régner en Ligue 1, le contraste est saisissant sur le terrain, où l’exigence tactique et la créativité de l’OM séduisent de plus en plus de fans, y compris en dehors de la région phocéenne.
Une déclaration qui refroidit l’enthousiasme
Dans un entretien accordé au Corriere della Sera, De Zerbi a toutefois surpris en abordant sans détour une possible pause dans sa carrière. « Il faut voir combien de temps je peux entraîner », a-t-il confié, évoquant l’usure mentale du métier. Le modèle Klopp, parti de Liverpool après avoir touché les limites de son endurance émotionnelle, semble inspirer l’Italien. « Il me reste très peu de temps pour autre chose », ajoute-t-il, laissant transparaître une fatigue profonde malgré les succès sportifs.
Cette sortie publique intervient alors que l’OM est invaincu en Ligue 1 depuis le début de saison et s’est parfaitement lancé en phase de poules de Ligue des Champions. Ironique, alors que Marseille redore son blason à l’échelle européenne et rêve de faire tomber le PSG, en perte de vitesse sur la scène continentale, cette annonce jette une ombre sur l’euphorie ambiante.
Un coup à anticiper pour la direction marseillaise ?
Même s’il ne s’agit pas d’une annonce de départ immédiat, les propos de De Zerbi pourraient bien obliger Pablo Longoria et Mehdi Benatia à une réflexion stratégique. Le duo de dirigeants devra anticiper les conséquences possibles d’un départ de leur entraîneur star, qui est autant le concepteur du jeu que le symbole du renouveau marseillais. Dans une Ligue 1 où le PSG reste dominant en effectifs et en budget, perdre celui qui a permis à l’OM de se repositionner comme un rival crédible serait un coup dur.
Les signaux de fatigue évoqués par De Zerbi sont à prendre au sérieux, notamment dans un football moderne où la pression médiatique, les exigences calendaires et les défis politiques en club pèsent plus que jamais sur les entraîneurs. De Zerbi, engagé, humain, ne cache pas les cicatrices laissées par son expérience au Shakhtar Donetsk au moment du déclenchement de la guerre en Ukraine – une fracture existentielle qui a changé son rapport à la vie et au métier.
Quel avenir pour l’OM en cas de départ ?
Pour les supporters comme pour les suiveurs, une question brûle désormais les lèvres : quel avenir pour l’OM si De Zerbi choisissait vraiment de s’arrêter ? Le projet actuel repose sur sa vision, son approche du jeu et son aura auprès des joueurs. Trouver un remplaçant de son envergure, capable de maintenir les exigences tout en portant les ambitions européennes du club, sera loin d’être évident.
En attendant, De Zerbi est toujours là. Et tant que l’Italien dirige l’OM, la flamme reste vive. Mais à l’heure de préparer l’après, les Marseillais ne peuvent ignorer ce signal d’alerte. Car dans ce championnat où le PSG est toujours à battre, toute fragilité pourrait relancer la machine parisienne et repousser l’OM dans l’ombre. À méditer à La Commanderie…