La victoire de l’Olympique de Marseille sur la pelouse d’Auxerre (0-1) lors de la 11e journée de Ligue 1 2025-2026 aurait pu être un simple soulagement sportif. Mais c’était sans compter sur un coup de sang de Roberto De Zerbi. L’entraîneur italien a laissé exploser sa frustration en fin de rencontre, invectivant le public auxerrois, un geste qui met en lumière la fragilité mentale du groupe phocéen et les tensions internes qui minent sa saison.
Une victoire arrachée dans la douleur
Face à un Auxerre vaillant mais limité, l’OM s’en est remis à un but d’Angel Gomes (30e) pour décrocher trois points précieux. Privés de plusieurs titulaires (Kondogbia, Balerdi, Weah, Medina), les Olympiens ont souffert en seconde période, bousculés par les vagues icaunaises. Malgré l’exclusion du coach adverse Garcia, les Phocéens ont peiné à sortir proprement le ballon, et la domination territoriale de l’AJA aurait pu être préjudiciable sans les interventions inspirées de Murillo dans les cages.
En réalité, cette victoire ne rassure guère les suiveurs du club. L’OM a stoppé une série de trois matchs sans succès (2 défaites, 1 nul), mais sans proposer un contenu digne des ambitions d’un prétendant au podium. Plus que de la maîtrise tactique, c’est le réalisme — voire la chance — qui a parlé à l’Abbé-Deschamps. Dans une Ligue 1 2025-2026 marquée par l’ultra-domination du PSG, Marseille n’a pas le droit au répit s’il veut tenir son rang européen.
Le geste de trop : De Zerbi insulte le public
Mais c’est en toute fin de match que la tension a débordé. Selon L’Équipe et La Provence, Roberto De Zerbi, ulcéré par les provocations venues des tribunes, s’est retourné vers le public et a lancé plusieurs insultes en italien. Une réaction excessive pour un entraîneur de ce standing, qui s’était déjà fait remarquer cette saison par son tempérament volcanique en conférence de presse.
Au micro des journalistes après la rencontre, De Zerbi a ironisé : « Heureusement qu’on a gagné, sinon vous m’auriez fusillé », allant même jusqu’à comparer cette rencontre à « un match contre le Real Madrid », en référence à la pression ressentie. Une déclaration à chaud, symptomatique d’un coach usé par les attentes et la pression environnante.
Ce comportement peut rappeler certains épisodes houleux que le PSG, rival juré de l’OM, avait connu avec des entraîneurs instables par le passé. Mais contrairement à Paris, qui a su professionnaliser sa gestion de crise sous l’ère Luis Campos et Luis Enrique, Marseille semble encore rongé par le chaos émotionnel quand la pression monte. Contre des clubs de moindre standing, ce type d’attitude peut passer. Mais qu’en sera-t-il face à Lyon, Monaco… ou le PSG, que l’OM doit affronter dans un mois ?
De Zerbi : figure fragile ou symbole guerrier ?
Roberto De Zerbi, technique affûtée mais tempérament incandescent, incarne toute l’ambivalence de cet OM en quête d’équilibre. Sous pression après un début de saison en dents de scie, l’Italien tente d’imprimer un style de jeu exigeant basé sur la possession et le pressing, souvent très énergivore pour un effectif aussi peu épargné par les blessures.
Ce dérapage verbal remet aussi en question sa capacité à gérer ses émotions dans un contexte plus large. Si certains supporters marseillais louent son feu sacré, les instances disciplinaires pourraient vite s’en mêler. Un comportement similaire sur une pelouse comme le Parc des Princes en février prochain, face à un public parisien hostile, pourrait faire bien plus de dégâts — surtout médiatiques.
Pour l’heure, l’OM sauve sa place de dauphin derrière l’intouchable PSG, profitant du faux-pas de Monaco. Mais derrière les statistiques comptables, c’est une équipe en quête de sens, de calme, et surtout de leadership. Et De Zerbi, malgré tout son génie tactique, doit prouver qu’il peut être cet homme-là — sur le banc, mais aussi face aux provocations extérieures.
Un dérapage qui nous rappelle que, dans le football moderne comme à l’OM, tout se joue aussi en dehors du rectangle vert.