Ce mercredi soir, l’Orange Vélodrome est le théâtre d’un choc européen décisif entre l’Olympique de Marseille et l’Atalanta Bergame pour le compte de la 4e journée de la phase de groupes de la Ligue des champions 2025-2026. Au-delà des enjeux sportifs, cette affiche prend une dimension particulière pour Roberto De Zerbi, l’entraîneur olympien, dont l’animosité envers l’Atalanta est ancrée dans son histoire personnelle.
Un match à haute intensité et à forte charge émotionnelle
À première vue, l’affiche OM – Atalanta semble être simplement un match pivot entre deux candidats aux huitièmes de finale de la Ligue des champions. Les deux équipes ne sont séparées que d’un point dans ce groupe B extrêmement serré. Mais en coulisses, les tensions sont plus profondes. Roberto De Zerbi, originaire de Brescia, n’a jamais caché son hostilité envers le rival régional Atalanta.
En conférence de presse d’avant-match, l’ancien coach de Brighton n’a pas mâché ses mots : « L’Atalanta, c’est encore différent des autres. Je suis né à Brescia, à cent mètres du stade. Pour ma famille, Atalanta, c’est le derby de la haine, celui qui te fait vibrer toute la semaine ». Un propos vérifié et relayé par de nombreux médias comme L’Équipe et La Gazzetta dello Sport.
Cette donnée personnelle ajoute une dimension unique à ce duel européen, et pourrait galvaniser les troupes marseillaises menées par un entraineur habité par cet affrontement quasi-fratricide.
De Zerbi et l’Atalanta : une inimitié ancrée et assumée
Roberto De Zerbi n’a jamais porté la Dea dans son cœur. Ancienne idole de Brescia, il garde une fidélité farouche à son club formateur. Manuel Martinelli, ancien coéquipier à Mompiano, confie dans L’Équipe : « À l’époque, il avait trois passions : soutenir Brescia, l’AC Milan, et détester l’Atalanta ».
Son rejet du club de Bergame ne date pas d’hier. Dans un entretien avec La Gazzetta dello Sport en août 2023, De Zerbi affirme : « Après six ans à Foggia, je n’irai jamais entraîner Bari. De la même façon, je n’irai jamais à l’Atalanta ». Une déclaration forte, symptomatique d’un homme fidèle à son passé, et qui pourrait trouver toute sa résonance ce soir au Vélodrome.
Le contexte n’est pas sans rappeler l’intensité d’un Classique OM – PSG, où l’identité, l’histoire et les émotions s’entremêlent avec la compétition. De Zerbi, en donnant une dimension presque personnelle à cette confrontation, pourrait bien enflammer une équipe marseillaise parfois en quête de repères depuis le début de cette saison 2025-2026.
Impact sur le groupe et sur la saison européenne de Marseille
Sur le plan comptable, l’enjeu est énorme. À trois journées de la fin de cette phase de groupes, Marseille poursuit son objectif de qualification pour les huitièmes. Une victoire contre l’Atalanta permettrait aux Phocéens de passer devant leur adversaire du soir et de maintenir la pression sur le leader du groupe.
Sur le banc, De Zerbi sait manier la motivation. Cette rivalité personnelle, loin d’être un simple caprice, pourrait faire levier dans son discours d’avant-match. À l’image d’un Klopp ou d’un Simeone, il a l’art d’incarner ses batailles. Et quand le coach est possédé par l’histoire de la rencontre, les joueurs suivent souvent dans un élan collectif transcendantal.
Un succès marseillais dans ces conditions enverrait un signal fort sur la scène européenne. D’autant que le PSG, toujours attentif aux performances marseillaises, observe d’un œil à la fois critique et intrigué cette progression sous De Zerbi. En interne, cela confirme aussi le choix stratégique de Pablo Longoria, qui avait misé gros sur l’entraîneur italien pour redresser le club et l’installer durablement dans le top européen.
Conclusion : Un duel brûlant au-delà du football
Ce OM – Atalanta dépasse le cadre habituel d’un match européen. Il incarne une rivalité intime, un défi tactique, et une bataille cruciale pour l’avenir continental de l’OM. De Zerbi, en confrontant ses démons d’enfance, donne à cette rencontre une charge émotionnelle rare. Le Vélodrome rugira ce soir pour un match qui pourrait être bien plus qu’une simple opposition de groupe. Il pourrait être un tournant.