Depuis son départ tumultueux de l’Olympique de Marseille à l’été 2025, Adrien Rabiot semble renaître en Italie. Rebondissant à l’AC Milan après un clash retentissant avec Jonathan Rowe, l’international français enchaîne les prestations de haut niveau en Serie A. Son dernier match en est la preuve éclatante : un but face à Bologne et une domination technique saluée par toute la presse transalpine.
Un départ houleux depuis l’OM
Les tensions au sein du vestiaire marseillais avaient éclaté au grand jour après une défaite inaugurale sur le terrain du Stade Rennais (1-0) en août 2025. À l’issue de cette rencontre, une altercation explosive entre Adrien Rabiot et Jonathan Rowe avait secoué l’intérieur du Roazhon Park, contraignant la direction de l’OM à séparer les deux joueurs. Rabiot fut transféré à l’AC Milan, Rowe prit la direction de Bologne. Ce choix de la direction marseillaise, dicté par l’urgence, interroge aujourd’hui, tant les deux hommes brillent sous d’autres cieux.
Rabiot, la résurrection milanaise
« Rabiot somptueux » titrait La Repubblica ce matin, dans un concert d’éloges saluant une prestation XXL. Face à Bologne, dans un match marqué par la présence de Rowe dans l’équipe adverse, le milieu formé au PSG a éclaboussé la rencontre de son talent. Un but, une partition physique et technique impeccable, et surtout une emprise totale sur le tempo du jeu lombard. La Gazzetta dello Sport souligne « son leadership naturel et son intelligence tactique », quand le Corriere dello Sport évoque une « soirée de domination pilotée par Rabiot ».
Désormais titulaire indiscutable aux côtés de Bennacer et Reijnders, l’ancien Marseillais s’impose comme l’un des meilleurs milieux de Serie A cette saison 2025-2026. Une montée en puissance qui soulève une question légitime : les dirigeants de l’OM ont-ils abandonné trop vite un joueur au potentiel encore intact ?
Une réconciliation symbolique avec Rowe
Le hasard du calendrier a offert une scène inattendue : les retrouvailles entre Rabiot et Rowe. Selon les informations de la Gazzetta dello Sport, les deux anciens Olympiens ont profité de cette affiche entre Milan et Bologne pour enterrer la hache de guerre. Une poignée de main, quelques mots échangés dans les couloirs de San Siro, et le signe d’une maturité gagnante pour deux joueurs en pleine éclosion.
Leur altercation demeure un point noir dans la gestion de groupe de l’OM en début de saison. En parallèle, le club phocéen, aujourd’hui à la peine au classement (8e après 12 journées de Ligue 1), peine à retrouver une stabilité au milieu de terrain. De quoi nourrir une frustration dans les rangs olympiens… et alimenter la rivalité avec un PSG actuellement souverain en championnat, notamment grâce à un entrejeu bien huilé.
Quel impact pour l’OM dans la course aux objectifs ?
Le départ de Rabiot, couplé à celui de Rowe, a laissé un vide béant dans l’entrejeu marseillais. Ni Ounahi ni Kondogbia n’ont réellement endossé le rôle de leader au milieu. Résultat : une irrégularité criante, des résultats en dents de scie en Ligue 1, et une position fragile dans le groupe C de Ligue Europa, où l’OM jongle entre ambitions européennes et fragilités structurelles.
Face à un PSG déjà largement leader, l’absence d’un profil comme celui de Rabiot, alliant impact physique, qualité de passe et expérience du haut niveau, se fait cruellement sentir. Et au-delà de l’aspect technique, c’est aussi du caractère qui manque parfois à cette équipe olympienne trop tendre dans les gros rendez-vous.
Rabiot, en retrouvant la lumière du Calcio, renvoie le reflet d’un choix marseillais trop hâtif, où la gestion de crise a pris le pas sur une vision long terme. Alors que l’AC Milan savoure les exploits de son Français, l’OM regarde dans le rétro, en se demandant si la reconstruction ne devra pas à nouveau passer… par un vrai patron au milieu.