La nomination à venir de Gennaro Gattuso comme sélectionneur de l’Italie secoue la planète football. Ancien coach de l’OM, le technicien italien va-t-il réussir là où il a déçu en club ? Analyse d’un pari audacieux à l’orée d’un nouveau cycle pour la Nazionale.
Un ancien Marseillais bientôt à la tête de l’Italie
Selon les informations de Onze Mondial et du journaliste belge Sacha Tavolieri (Twitter, 13 juin 2025), Gennaro Gattuso devrait officiellement devenir, dans les prochains jours, le nouveau sélectionneur de la Squadra Azzurra. L’ancien milieu rugueux du Milan AC, passé par l’Olympique de Marseille lors de la saison 2023-2024 sans y laisser un grand souvenir, est attendu pour remplacer Luciano Spalletti, démissionnaire.
Si l’information a surpris beaucoup d’observateurs, elle semble pourtant bien réelle : le père de Gattuso aurait confirmé des discussions très avancées avec la Fédération italienne, tandis que Tavolieri parle d’un « done deal ». L’officialisation est attendue pour la semaine prochaine.
Un CV contrasté mais une aura intacte
Gattuso n’a pas connu que des réussites depuis sa reconversion sur les bancs. Après des expériences mitigées à Naples, Valence ou plus récemment au Hadjuk Split, son passage à l’OM a surtout été marqué par une incapacité à instaurer un style de jeu clair et une série de résultats irréguliers. Dans un club marseillais sous tension permanente, il n’aura pas réussi à se faire une place durable.
Pourtant, l’ancien champion du monde 2006 conserve une image forte en Italie. Sa grinta légendaire, sa capacité à fédérer un groupe et son patriotisme affiché pourraient séduire une Fédération italienne en quête de régénération et de stabilité, après des années marquées par les secousses (non-qualifications à la Coupe du monde 2018 et 2022, départ anticipé de Mancini, déception à l’Euro 2024).
Un choix risqué… mais stratégique ?
Malgré ses déboires en club, Gattuso incarne une forme de retour aux sources pour la Squadra Azzurra : rigueur défensive, esprit d’équipe, et attitude de guerrier. Sur le papier, cela colle à l’identité historique de la sélection italienne. La grande question reste cependant : saura-t-il adapter son discours à un effectif jeune, en demande de modernité tactique ?
L’Italie s’apprête à entamer les éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, et n’aura pas de round d’observation. Il faudra performer vite, et montrer une philosophie de jeu claire. Gattuso aura à disposition une génération prometteuse (Scalvini, Baldanzi, Gnonto) mais aussi un vestiaire où les ego ne manquent pas. Son autorité naturelle suffira-t-elle ?
Autre enjeu : le choix de son staff. Un sélectionneur ne travaille pas seul, et s’entourer des bonnes personnes – notamment au niveau tactique – pourrait faire toute la différence dans sa réussite à la tête de l’équipe nationale italienne.
Quel parallèle avec le PSG ?
Évoquer Gattuso, c’est aussi rappeler que certains noms circulaient à une époque lointaine autour du banc parisien. Si son profil n’a jamais été réellement envisagé par le board qatari, son style à la fois émotif et discipliné est à mille lieues de la philosophie actuelle du PSG, centrée sur la domination technique et une gestion plus « starisée » de son effectif.
Le cas Gattuso, s’il échoue, illustrera peut-être que l’époque des entraîneurs « charismatiques » sans projet de jeu structurant touche à sa fin. À Paris, Luis Enrique incarne tout l’inverse : méthodologie, modernité, et un cadre précis. Un modèle dont Gattuso pourrait s’inspirer…
Rendez-vous donc dans quelques mois pour voir si la grinta napolitaine peut redevenir la force tranquille de la Nazionale. Le pari est audacieux, l’histoire peut être belle… ou brutale.