OM : De Zerbi encense Longoria et Benatia, une union rare dans le football moderne

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Roberto De Zerbi, tacticien reconnu et architecte du renouveau de l’Olympique de Marseille, s’est récemment confié dans une interview accordée au Corriere della Sera. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Italien est tombé amoureux du projet phocéen. Ses mots forts sur le club, le binôme Longoria-Benatia et la gestion des tensions internes témoignent d’un management unique en Ligue 1, et contrastent vivement avec les pratiques parfois plus cliniques observées au PSG.

De Zerbi et l’OM : une alchimie rare

Arrivé à Marseille avant la saison 2024-2025, Roberto De Zerbi n’a pas mis longtemps à imposer sa patte. Son style de jeu basé sur la possession et l’intensité a transformé l’OM en un prétendant crédible à la Ligue des Champions. Mais plus que le jeu, ce sont ses valeurs qui marquent. « Marseille est le poste idéal pour moi », confie-t-il au journal italien. « Toutes les contradictions sociales sont oubliées pendant 90 minutes ». Une phrase qui résonne fort dans une cité où le football est un exutoire puissant.

De Zerbi n’est pas juste un entraîneur à la mode. Son approche sociale du football, qu’il définit comme un outil de « rédemption sociale », façonne ses méthodes. En stage, il n’hésite pas à réveiller ses joueurs à 5 heures du matin pour courir dans la colline marseillaise. Un choc culturel pour certains, mais une prise de conscience pour d’autres lors d’un exercice qui visait à reconnecter l’équipe à l’essence du foot. « J’ai écouté et compris le mal-être des garçons », explique-t-il, mettant en lumière l’importance de l’humain dans la performance collective.

Le trio De Zerbi – Longoria – Benatia : une gestion collégiale inédite

Alors que beaucoup de clubs européens fonctionnent selon une architecture pyramidale, à l’image du PSG où Luis Campos est souvent critiqué pour sa gestion distante, l’OM a choisi une formule plus collégiale. Roberto De Zerbi décrit ainsi une entente presque fusionnelle avec Pablo Longoria et Mehdi Benatia. « Le rapport avec eux est peut-être le plus beau de ma vie », révèle-t-il.

Cette relation solide a permis de traverser sans trop de dégâts des tempêtes internes, comme la bagarre houleuse entre Adrien Rabiot et Jonathan Rowe. Une scène rarissime dans le vestiaire phocéen, gérée avec fermeté : le club a tranché rapidement en se séparant des deux joueurs, illustrant sa volonté de préserver la cohésion du groupe. Une approche courageuse souvent absente dans d’autres grands clubs où les caprices de stars priment.

La communication y joue un rôle central. Trois réunions déterminantes ont été organisées pour permettre aux joueurs d’exprimer leurs frustrations, définir leurs valeurs et visionner une vidéo retraçant la ferveur des supporters marseillais. Une immersion dans l’âme du Vélodrome destinée à faire comprendre aux joueurs les attentes du peuple olympien.

Quel impact sur la saison 2025-2026 ?

Alors que l’OM poursuit sa campagne en Ligue 1 et en Ligue Europa, cette complicité entre De Zerbi, Longoria et Benatia semble être un atout déterminant. La solidité du groupe a déjà permis à Marseille de tenir tête au PSG lors du premier Classique de la saison au Parc des Princes (1-1), un résultat salué pour son intensité et la discipline tactique marseillaise. Les phases de poules de la C3 sont également réussies, avec l’OM en tête de son groupe, fort d’un collectif soudé et d’une identité de jeu affirmée.

Si le PSG continue de dominer au niveau individuel grâce à la richesse de son effectif, l’OM mise clairement sur l’intelligence sociale et tactique de son staff. De Zerbi incarne un nouveau paradigme dans le football français : celui de l’entraîneur-leader émotionnel, à l’opposé du modèle parfois trop corporate de certains géants du championnat.

Reste à voir si cette profondeur relationnelle permettra à Marseille de franchir un cap cette saison et de venir titiller les sommets, y compris ceux du PSG. Une chose est sûre : dans ce football de plus en plus déshumanisé, l’OM version De Zerbi réinjecte de l’âme dans le jeu.

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