OM : Benjamin Pavard change de discours et incarne la stabilité défensive de De Zerbi

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Arrivé sur la Canebière dans un contexte tumultueux, Benjamin Pavard fait bien plus que défendre. Il fédère, s’adapte et incarne à lui seul le nouvel état d’esprit de l’OM version De Zerbi. Alors que la saison 2025-2026 bat son plein, l’international français de 29 ans a su mettre de côté ses réticences passées pour se fondre parfaitement dans le moule marseillais. Son repositionnement stratégique est une clé de voûte du projet phocéen.

Une arrivée tardive… mais un impact immédiat

Pavard a débarqué le 1er septembre 2025 à l’Olympique de Marseille, prêté par l’Inter Milan avec une option d’achat fixée à 15 millions d’euros. Un deal en apparence modeste pour un champion du monde, mais déjà ultra-rentable pour l’OM. Alors que le club venait d’essuyer une défaite frustrante à Lyon (0-1), le latéral droit — ou défenseur central, c’est selon — a immédiatement métamorphosé le bloc défensif marseillais. Son premier match ? Un récital défensif et un but contre Lorient (4-0). Puis quatre matchs sans encaisser de but, dont une très médiatique victoire contre le PSG (1-0). Une entrée fracassante dans la rivalité historique !

Sur le terrain comme en dehors, Pavard coche (presque) toutes les cases. L’ancien bavarois, conseillé par Adrien Rabiot sur la ferveur marseillaise, s’est rapidement fondu dans l’ambiance électrique du Vélodrome. Au fil des rencontres, il est devenu une figure rassurante pour Roberto De Zerbi, qui semblait encore chercher son socle défensif en début de saison. L’adaptation express de Pavard a été un facteur déterminant dans la solidification du onze phocéen.

Un virage tactique et psychologique pour le Français

Longtemps, Benjamin Pavard a résisté à l’idée de joueur latéral droit, préférant évoluer dans l’axe où il pouvait davantage exprimer sa lecture du jeu et sa projection. Mais les choses ont changé. À 29 ans, le joueur formé à Lille fait aujourd’hui preuve d’une maturité nouvelle, assumant avec détachement son double rôle, dans l’axe comme sur le côté. Au gré des adversaires et des animations de De Zerbi, Pavard alterne sans sourciller entre défense centrale à quatre et position de latéral dans une phase offensive. Une polyvalence saluée par son entraîneur : « Il peut très bien passer d’un rôle de central à un autre de latéral », a déclaré Roberto De Zerbi dans les colonnes de L’Équipe (source : L’Équipe, octobre 2025).

Ce repositionnement accepté témoigne d’un état d’esprit résolument collectif, loin des débats stériles sur son « vrai poste » qui ont longtemps animé les discussions avec l’équipe de France. Certes, il reste derrière Jules Koundé ou Malo Gusto dans la hiérarchie tricolore, mais cette attitude pourrait faire pencher la balance en sa faveur à l’approche de la Coupe du Monde 2026… surtout si sa saison à Marseille se poursuit sur les mêmes bases.

Un leader discret dans l’ombre, déterminant sur le terrain

Ce qui frappe dans le cas Pavard à Marseille, c’est l’équilibre entre son efficacité défensive et sa capacité à s’effacer face au collectif. Contrairement à Adrien Rabiot lors de son passage express sous le maillot olympien, Pavard cultive une discrétion bienvenue. Sourire aux journalistes, clins d’œil à la culture marseillaise sur les réseaux sociaux, dynamisme dans le vestiaire : l’ancien munichois joue la carte de l’intégration jusqu’au bout. Seul hic ? Il vit toujours à l’hôtel en ce mois de novembre 2025, faute d’avoir trouvé un logement (… comme un symbole marseillais ?).

Alors que l’OM lutte sur plusieurs tableaux — qualification pour les huitièmes de Ligue Europa, maintien du rythme en Ligue 1, préparation du choc retour face au PSG — l’apport de Pavard est tout sauf anecdotique. De Zerbi peut s’appuyer sur lui pour incarner l’exigence tactique et mentale. Et si jamais le club lève son option d’achat en juin, ce sera l’un des plus beaux coups du mercato marseillais de ces dix dernières années, rien de moins.

Un renfort précieux dans la quête de stabilité défensive

Dans un effectif encore en quête de hiérarchies stables, Pavard apporte ce qu’il manque cruellement au PSG de cette saison : une défense sereine, mobile, capable de s’adapter sans perdre son impact physique. Sa performance lors du Classique aller en est la preuve : Kolo Muani et Dembélé muselés, Pavard impérial. Une prestation qui n’est pas passée inaperçue tant à Marseille qu’à Paris.

À l’image de son OM renaissant, Pavard semble avoir trouvé un environnement qui valorise sa rigueur et son calme. De Zerbi, qui demandait plus de maturité à ses cadres, peut se frotter les mains. L’OM pourrait bien avoir trouvé, à rebours de toutes les tensions passées, son futur patron défensif.

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