OM : le record alarmant de Rulli met à nu les failles du système De Zerbi

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Aricle écrit par Maxime Nauzit

Alors que la saison 2025-2026 bat son plein, l’Olympique de Marseille traverse une campagne européenne particulièrement chaotique. Face au Sporting CP, les Phocéens ont une nouvelle fois chuté, plombés par une expulsion discutable et une fébrilité défensive criante. Malgré tout, un homme surnage : Geronimo Rulli. Le gardien argentin, auteur de 20 arrêts en Ligue des Champions après seulement trois journées, détient un record… inquiétant. Car cette statistique renvoie autant à ses exploits qu’aux errances d’un collectif en souffrance.

Rulli, un rempart héroïque dans une défense défaillante

Le chiffre est saisissant : 20 arrêts en 3 matchs. Aucun autre gardien ne fait mieux cette saison en Ligue des Champions. Il devance notamment Nikita Haikin (Bodo/Glimt), qui en compte 18. Un chiffre qui souligne les performances individuelles impressionnantes de Rulli mais surtout la fragilité chronique de l’arrière-garde marseillaise. Déjà brillant face au Real Madrid, malgré un doublé concédé à Kylian Mbappé (sur penalty, faut-il le rappeler), Rulli avait même réussi un clean sheet contre un Ajax en crise.

Le match contre le Sporting CP a révélé une fois de plus le paradoxe marseillais. L’OM a démarré fort, dominant une grande partie de la première période. Pourtant, comme souvent, tout a basculé sur un fait de jeu – l’expulsion d’Emerson – qui a totalement inversé la dynamique. Rulli a résisté du mieux possible… mais a fini par céder, notamment sur une frappe déviée par Benjamin Pavard. Score final : 2-1 pour les Portugais. Et une 18e place affligeante à l’issue de cette troisième journée de C1.

Le système De Zerbi mis à nu sur la scène européenne

Roberto De Zerbi est arrivé à Marseille avec la promesse de jeu et de verticalité. Mais après trois journées de Ligue des Champions, le constat est implacable : l’OM est fébrile dès qu’il perd le contrôle. Et ce, malgré une philosophie de possession censée lui permettre d’imposer son rythme. Dans les faits, la défense olympienne est mise sous pression dès que l’intensité monte. Rulli en est la preuve vivante : son volume d’interventions souligne une équipe qui concède trop de situations dangereuses.

En comparaison, le PSG – éternel rival – affiche une solidité bien différente notamment grâce à sa charnière Marquinhos–Skriniar et son pressing de haute intensité. C’est ce genre de rigueur que l’OM peine à retrouver malgré les ambitions européennes déclarées. Et aujourd’hui, si Paris continue de porter l’indice UEFA de la France, Marseille, de son côté, l’handicape sérieusement. Le classement UEFA commence à s’en ressentir.

Quels ajustements pour enfin exister ?

Si la performance de Rulli est admirable et essentielle pour maintenir l’OM à flot, elle n’est en aucun cas soutenable à long terme comme l’affirmait également Stats Foot sur X (ex-Twitter). Le staff doit impérativement revoir ses équilibres défensifs. L’expulsion d’Emerson, certes discutable, met en lumière un autre aspect : la gestion émotionnelle et tactique des événements par les joueurs. Lorsque l’équipe bascule dans le désordre, il semble n’y avoir aucun plan B efficace.

Pour la suite de la compétition, De Zerbi n’a plus d’autre choix que de densifier son milieu, de travailler les automatismes défensifs – notamment entre Pavard et Meïté – et de soutenir Rulli, qui ne peut tout faire tout seul. Le talent est là. Mais tant que Marseille ne gagnera pas en maîtrise sans ballon, les ambitions affichées cet été risquent de fondre comme neige au soleil.

Reste à savoir si cette alerte suffira à provoquer une réaction à la Commanderie. Car en Ligue des Champions, il n’y a pas de seconde chance. Et l’OM, mal embarqué dans son groupe, devra réaliser un sans-faute ou presque pour espérer encore passer l’hiver européen. De Zerbi, critiqué mais toujours soutenu par la direction selon La Provence, joue désormais gros. Et face à un PSG solide et ambitieux, l’écart entre les deux géants du football français pourrait bien se creuser encore davantage.

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