Roberto De Zerbi est-il en train de perdre le fil de son projet européen avec l’OM ?
Avec une nouvelle défaite en Ligue des champions face à l’Atalanta Bergame (0-1) au Vélodrome, l’Olympique de Marseille continue sa descente aux enfers en Europe. Ce revers s’inscrit dans une série glaçante : seulement une victoire en dix rencontres C1 pour l’entraîneur italien. Si son approche esthétique du jeu a séduit sur les pelouses de Premier League, la réalité du haut niveau européen semble lui poser un sérieux casse-tête.
De Zerbi face aux exigences de la C1 : des idées, peu de résultats
Depuis son arrivée sur la Canebière à l’été 2024, Roberto De Zerbi suscite l’enthousiasme grâce à un style affirmé basé sur la possession, le pressing intelligent et la verticalité. Mais en Champions League, les chiffres sont implacables : sept défaites, deux nuls et une seule victoire en dix matchs (OM et Shakhtar Donetsk inclus). Loin des attentes d’un club aussi ambitieux que l’OM, qui n’a pas goûté aux huitièmes depuis 2012.
« On peut encore se qualifier », déclarait De Zerbi après la défaite face à l’Atalanta, dans des propos rapportés par Onze Mondial. Mais en coulisses, le doute s’installe. L’entraîneur semble peiner à concilier sa philosophie avec l’intensité et la rigueur exigées par la Ligue des champions. Le groupe marseillais apparaît fragile mentalement et tactiquement dans les moments clés, une constante depuis la phase de groupes.
Et pendant ce temps, le PSG — éternel rival — avance sans trembler dans la compétition, affirmant son statut européen avec une efficacité clinique que l’OM n’a plus connu depuis des lustres. Le contraste est brutal et ne fait qu’alimenter la frustration côté phocéen.
Blessures, choix tactiques, arbitrage : circonstances atténuantes ou excuses ?
De Zerbi a reconnu les difficultés dans le jeu face à l’Atalanta : « On n’a pas été bon sur les 20 premières minutes… Après, on a mieux joué, mais on a souffert contre une belle équipe », a-t-il confié après la rencontre. Il cite également de précédents arbitrages défavorables, notamment « à Madrid et Lisbonne » — des matchs charnières qui ont fait basculer sa campagne.
Mais les faits sont là : l’OM n’arrive pas à convertir ses temps forts en points. La gestion de l’effectif soulève aussi des interrogations. L’exemple de la sortie d’Egan-Riley est révélateur : remplacé pour une douleur musculaire, le joueur a laissé un vide exploité immédiatement par les Italiens. De Zerbi a tenté de se justifier : « Le doc’ m’a dit qu’il avait mal et devait sortir… ce n’était pas mon rêve d’entraîneur ».
Cependant, au très haut niveau, ces erreurs de timing ou d’ajustement se paient cash. Et lorsque la confiance s’étiole, même les meilleures idées peinent à s’imposer. Le trajectoire de l’OM en Ligue 1 reste correcte — à quelques points de la tête du classement — mais l’absence de résultats en C1 entache le bilan global et pourrait peser lourd au moment des bilans de fin de saison.
Quel avenir pour De Zerbi et l’OM en Europe ?
En Ligue 1, De Zerbi garde un crédit intact, grâce à un OM séduisant offensivement et accrocheur dans les grands rendez-vous domestiques. Mais l’Europe impose une autre hiérarchie, une autre exigence que Marseille ne parvient plus à épouser depuis plus d’une décennie.
La question désormais est simple : le projet De Zerbi peut-il réussir à l’OM ou connaîtra-t-il les mêmes limites que certains prédécesseurs, piégés par la Champions League ? Le bilan actuel place l’Italien devant un mur : il devra inverser la vapeur dès les prochaines échéances continentales, sous peine de voir la direction olympienne — et surtout les supporters — perdre patience. D’autant que les supporters parisiens, eux, ne manquent pas de rappeler le gouffre entre les deux clubs dans cette compétition.
Avec encore des matchs à venir en phase de groupe, l’OM a encore la possibilité mathématique de se rattraper… mais pour cela, il faudra plus qu’un joli jeu : il faudra enfin des résultats.